Author: Nicolas

  • Retour vers le futur : l’Université d’été de l’économie de demain sous le signe des tensions et de l’espoir

    Retour vers le futur : l’Université d’été de l’économie de demain sous le signe des tensions et de l’espoir

    Ce vendredi 29 août, la pluie s’est invitée à la Cité Internationale de Paris pour l’Université d’été de l’économie de demain, confirmant que le temps maussade fait désormais écho aux incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale. Pourtant, même sous un ciel gris, 3000 dirigeants et décideurs se sont réunis pour imaginer un futur fertile autour du thème “Retour vers le futur”.

    Un contexte de profonds bouleversements

    La référence peut sembler datée, mais le livre de Jean Stone, « Les clés du futur », continue d’influencer ma perception du monde. Les bouleversements actuels n’ont sans doute jamais été aussi vastes, rendant plus urgente encore une réflexion collective. Lors des débats auxquels j’ai assisté, la fondatrice du fonds 2050, Marie Ekeland, a brillamment résumé les tensions qui façonnent l’avenir :

    • Tensions sur les ressources naturelles : Alors que le climat change, l’accès aux matières premières, à l’eau, à l’énergie, et la préservation de la biodiversité deviennent des combats structurants pour toutes les économies.
    • Tensions géopolitiques : Les crises se multiplient et s’entremêlent, de l’instabilité des flux commerciaux, aux risques sociaux ou aux conflits territoriaux, rendant toute planification économique plus complexe.
    • Tensions liées à l’essor de l’intelligence artificielle : L’IA ajoute une couche d’incertitude et de transformation fulgurante qui bouscule les modèles de travail, d’organisation collective et d’innovation.

    Est-ce le signe d’un basculement vers un nouveau paradigme ? Lors des échanges, une participante a partagé le conseil reçu d’une agence de communication : désormais, il faudrait parler de “construction” plutôt que d’“engagement” afin de mieux incarner cette nouvelle dynamique.

    Un message positif malgré la tempête

    Malgré la gravité des sujets abordés, la journée a laissé place à l’optimisme. Le dirigeant de Norsys a présenté un modèle “permaentreprise” où RSE et croissance ne sont plus opposées, mais complémentaires. Chez Norsys, les salariés sont impliqués dans la gouvernance et la démarche sociale : ce fonctionnement se traduit par un taux de turnover de 7% contre 25% dans le secteur, preuve qu’engagement et performance peuvent s’allier. Une démarche qui semble encore embryonnaire dans le monde économique.

    Les recherches et témoignages partagés lors des interventions confirment que les entreprises qui s’engagent sérieusement en RSE enregistrent des rentabilités au moins équivalentes, sinon supérieures, à leurs concurrentes moins vertueuses.

    Une note personnelle, entre inspiration et éclaircie

    Quelques lignes griffonnées dans mon cahier Moleskine, inspiré par le calme et le recul de l’artiste Jon Koko, m’incitent à la même prudence constructive et au dialogue. En terminant ce brouillon dans le RER sur le chemin du retour, un rare rayon de soleil perce les nuages. Le futur semble prometteur, pour peu que l’audace collective l’emporte sur la résignation.

    Le replay

  • Démarrer sa startup sans argent

    Démarrer sa startup sans argent

    Concrétiser son rêve

    La création d’entreprise est souvent perçu comme un rêve. D’ailleurs, 1 français sur 3 envisage de créer une entreprise, selon un sondage mené par OpinionWay pour le Salon des Entrepreneurs en janvier 2020. Comme 15 millions de Français, peut-être que vous aussi vous songez à franchir le pas ? Mais vous ne savez pas par où commercer ?

    Au-delà de bien valider votre marché, définir votre produit et constituer votre équipe, la question du financement se pose.

    Les interrogations sont souvent multiples : dois-je casser mon livret A et mon PEL ? Mais dans ce cas, comme je vais faire face aux imprévus ? Dois-je demander à ma famille, mes amis ? Mais comment être certains que nos relations ne vont pas changer ? Et autant d’autres questions.

    D’autant plus, le sujet du capital de départ est central. Il est un facteur clés de réussite. Les dernières statistiques de l’INSEE le montrent. « Parmi les entreprises qui ont démarré avec moins de 2 000 euros, seulement 65 % sont encore actives trois ans après leur création »2. Si vous vous posez des questions sur le capital de départ nécessaire pour créer votre entreprise, je vous invite à lire l’article « Avec combien de capital démarrer sa startup ? » – il sera publié la semaine prochaine.

    Toutefois, il existe des solutions pratiques pour vous aider à récupérer de l’argent, sans risquer la faillite personnelle, mais en mouillant la chemise. Ainsi, vous pourrez démarrer votre aventure entrepreneuriale et concrétiser votre rêve.

    Comment constituer son capital de départ ?

    Dans la suite de l’article, je vous présente les différentes solutions de financement pour constituer votre capital de départ. A mon sens, ce sont les plus simples à mettre en place et surtout elles vous permettent de limiter votre risque financier personnel.

    Vos économies

    En premier lieu, vos économies constituent la première source de financement de votre startup. C’est le moyen le plus utilisé et le plus simple de financer votre projet. C’est également vu comme une mesure de votre engagement personnel sur votre projet, pour de nombreuses structures d’accompagnement et investisseurs.

    En fait, c’est une solution si vous avez des économies et que vous êtes prêt à investir – c’est-à-dire prendre aussi le risque de tout perdre en cas d’échec. Vous devez donc trouver un juste équilibre entre l’argent que vous investissez dans votre startup et celui que vous gardez en cas de coup dur personnel.

    De plus, c’est une solution idéale si vous êtes salarié. Vous vous laissez un peu de temps et vous constituez des économies. Avoir une création d’entreprise en tête quand on est salarié, c’est un objectif motivant pour épargner. Avant de quitter votre travail, faites bien attention d’avoir suffisamment d’économies de côté pour vous lancer dans de meilleures conditions – quand cela est possible bien évidemment.

    Toutefois, si vous n’en avez pas ou le montant est encore insuffisant, d’autres solutions sont envisageables.

    Votre entourage (famille et amis)

    Souvent appelé sous le terme Friends and Family (famille et amis), faire appel à son entourage est une option souvent prise par les entrepreneurs.

    Plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez avoir recours à la reconnaissance de dettes, opter pour la prise de participation directement au capital par votre entourage ou utiliser une plate-forme de financement participatif pour faire du financement sous forme de royalties.

    Reconnaissance de dette

    La reconnaissance de dette est un document juridique permettant de reconnaitre un prêt entre deux particuliers. Elle a un formalisme bien spécifique.

    Plusieurs difficultés peuvent être relevées dans ce cas de figure : modalités de remboursement, gestion des potentiels conflits, rédaction du contrat, etc. En outre, vous porterez la dette à titre personnelle et en cas d’échec de votre société, vous serez dans l’obligation de rembourser.

    Prise de participation

    La prise de participation consiste, dans le cas présent, à laisser quelqu’un de votre entourage à prendre des parts au capital de votre entreprise. C’est-à-dire à en devenir le copropriétaire. Le ou les associés issus de votre entourage seront, dans bien des cas, « passifs », dans le sens où ils ne participeront pas activement au développement de votre startup.

    Si un jour ils souhaitent récupérer leur capital, vous serez obligé soit de racheter leur part à la valorisation à l’instant t de votre entreprise soit les céder à un autre acquéreur, un investisseur par exemple soit revendre votre société.

    Financement en royalties

    Le financement en royalties ou encore le financement basé sur les revenus est assez récent dans le monde des startups. Je le conseille maintenant depuis environ trois ans pour sa simplicité et sa sécurité. Le principe est assez simple : on vous « prête de l’argent » et vous remboursez un pourcentage de votre chiffre d’affaires. Finalement, c’est un modèle plutôt vertueux, il aligne les intérêts sur le la fonction essentielle de l’entreprise : vendre. Le risque est partagé puisque si vous faites faillite vous n’aurez rien à rembourser.

    Personnellement, je vous encourage à utiliser des plateformes de financement participatif spécialisées telles que WE DO GOOD.

    Passer par ce type de plateforme est mieux qu’une reconnaissance de dette, car le risque est assumé par votre entourage. Et c’est aussi mieux qu’un investissement direct, car votre entourage peut se désengager à moyen terme plus facilement. A plusieurs égards, c’est l’une des solutions les plus sécurisantes pour vous et votre famille.

    Les concours

    Les concours peuvent être une bonne source de financement au démarrage de son entreprise. Ils peuvent vous aider à développer votre produit et dans certains cas, vous apporter un financement. Au début, concentrez-vous sur des concours sans condition de fonds propres. Même si le financement est moins important, ils seront plus accessibles et vous maximiserez à la fois votre temps et vos chances de réussites. N’oubliez pas que la concurrence peut être rude surtout s’il y a de l’argent à la clef.

    Pour ne manquer aucun concours, vous pouvez aussi regarder les concours que j’identifie dans ma veille régulière via la section « plateforme des aides ».

    Vos clients

    Enfin, cela peut être également vos clients qui vous aident à financer votre produit.

    A ce titre, vous pouvez envisager de développer une activité complémentaire, en fonction de vos compétences et de votre savoir faire, en parallèle de votre idée principale. Par exemple, si vous développez un produit connecté pour la santé, vous pouvez faire du développement informatique en seconde activité pour financer votre projet.

    Résumé des solutions en vidéo

    Je vous résume les solutions dans une vidéo tutorielle IncubAlliance.

    Vous pouvez aussi voir d’autres tutoriels sur la chaine YouTube de IncubAlliance via le lien suivant : https://www.youtube.com/channel/UCpIjmyb37Pxi0Lw4Uy0kdpw

    Et vous ?

    Chaque cas est unique. Vous devez trouver le bon mix pour financer le capital de départ nécessaire au lancement de votre affaire. N’hésitez pas à faire un tour sur l’article « Avec combien de capital de départ démarrer ? » pour compléter votre avis sur le sujet. (article disponible la semaine prochaine).

    Si vous avez déjà franchi cette étape

    N’hésitez pas à partager en commentaires votre retour d’expérience sur le sujet. ça sera très utile pour les prochains lecteurs. Merci pour eux.

    Vous pouvez également faire un tour sur l’article « optimiser son capital de départ ». (disponible prochainement).

    1. Vous pouvez retrouver l’étude via le lien suivant : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2846566

  • Pas de levée de fonds réussie sans traction marché préalable

    Pas de levée de fonds réussie sans traction marché préalable

    S’il est une petite musique que l’on connaît bien dans le monde de la start-up, c’est bien celle qui se rapporte à la levée de fonds et qui nous répète, année après année, que les start-up qui lèvent s’en sortent mieux que les autres. Mais le paysage de l’investissement en France a connu d’importantes évolutions, passées sous les radars des structures d’accompagnement. Une nouvelle donne dont il faudrait tenir compte dans toute stratégie de financement, selon Nicolas Reynier, Exécutive Manager Financement, IncubAlliance.

    Alors que le discours ambiant semble unanime en faveur de la levée de fonds, il faut remettre en question l’efficacité de cette approche systématique. Pourquoi ? Parce que je regarde les chiffres en face ! Prenons l’écosystème Paris- Saclay : chaque année, il donne naissance à une centaine de start-up deeptech qui, pour la plupart, seront poussées par les structures qui les accompagnent à lever des fonds, comme on l’a toujours fait.

    Or au cours des dix dernières années, le paysage de l’investissement a très largement évolué… peut-être plus vite que les structures d’accompagnement elles- mêmes d’ailleurs ! Alors que les investisseurs d’hier étaient plutôt positionnés sur des régimes fiscaux et très fortement liés au monde de l’industrie, on a progressivement vu se multiplier dans le monde de l’investissement des acteurs – tels que Marc Simoncini ou Xavier Niel – plus orientés numérique.

    Résultat : là où pendant des années on a pu voir des entrepreneurs lever des fonds sur une idée / un rêve technologique, ce sont davantage aujourd’hui les sociétés capables de générer du chiffre d’affaires qui séduisent les investisseurs. Evidemment de très beaux projets technologiques comme Trust Me par exemple continuent de faire rêver, mais si l’on s’intéresse aux volumes, force est de constater que le gros des levées se fait vers les start-up issues du numérique. C’est à mon sens ce décalage entre discours ambiant et réalité du terrain, d’autant plus paradoxal qu’il n’y a jamais eu autant de conseils et de structures, qui explique les trop nombreuses idées reçues autour de la levée de fonds et aussi un certain nombre d’échecs.

    Trois types de financements

    Derrière l’image idéalisée se cache donc une réalité de la start-up, et par extension de la levée de fonds, beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît… A force d’idéaliser la start-up à coup de success stories, on a tendance à mettre tout le monde dans le même panier et à ne proposer qu’une seule solution là où les situations sont en réalité très différentes.

    En ce qui me concerne, je considère qu’il existe trois grands types d’entrepreneurs : ceux qui, inspirés par le modèle de l’entreprise familiale, ne veulent pas lever de fonds et optent pour l’auto-financement, le prêt bancaire et la génération de chiffre d’affaires pour assurer une croissance dont ils acceptent qu’elle ne sera pas rapide ; ceux qui, compte-tenu de l’intensité capitalistique de leur activité, sont obligés de s’engager dans une course perpétuelle à la levée des fonds et acceptent de devoir compter sur leurs investisseurs pour co-construire leur stratégie ; et ceux qui, après une première traction marché, entrent dans une phase de croissance pouvant nécessiter une levée de fonds pour passer à la vitesse supérieure. C’est dans ce troisième modèle intermédiaire que s’inscrivent la plupart des start-up deeptech que nous accompagnons.

    La question pour elles n’est pas tant de savoir si oui ou non elles doivent faire une levée de fonds, mais pourquoi la faire et surtout quand doit-elle intervenir. Pourquoi la question du moment de la levée est-elle décisive à vos yeux ? Parce que la plupart des start-upper pensent qu’ils peuvent utiliser la levée de fonds pour développer leur premier produit, ce qui est à mon sens un très mauvais calcul. Et pour cause, pour que des investisseurs aient envie de mettre la main à la poche et qu’une levée de fonds soit rapide, il faut en effet que la société ait une valeur. Difficile autrement d’imaginer un retour sur investissement. Or qu’est-ce qui fait la valeur d’une société si ce n’est son potentiel portefeuille client ? Facebook n’a pas la même valeur avec 200 abonnés versus 2 milliards !

    Encourager les entrepreneurs à développer une pré-solution ou un pré-produit

    A mes yeux, la règle d’or est donc simple : pas de levée de fonds réussie sans traction de marché préalable ! Je ne peux donc qu’encourager les entrepreneurs à aller le plus vite possible au contact de leur clientèle, avec une pré-solution ou un pré-produit, pour vérifier et pouvoir montrer aux investisseurs qu’existe bien cette appétence du marché. Mais pour cela il faut de l’argent. Or on sait qu’une start-up, surtout en début de vie, manque cruellement de cash…

    Comment donc sortir de l’impasse ? Outre son apport personnel et le soutien financier qu’il peut recevoir de la part de sa famille ou de ses amis, l’entrepreneur deeptech doit apprendre à tirer profit des nombreux dispositifs de pré-amorçage existant en France pour favoriser les effets de levier, quand bien même les conditions d’obtention de ces financements ne sont pas toujours simples.

    Pour ce faire, plusieurs pistes sont à explorer : la Bourse French Tech de Bpifrance, une aide publique clé pour financer les premières dépenses de son projet ; les prêts d’honneur octroyé sans intérêt ni garantie personnelle (Réseau Entreprendre, Wilco, SQY initiative) pouvant faciliter l’accès aux prêts bancaires ; les dispositifs émergents tels que le Fonds French Tech Seed destiné à accompagner les entreprises innovantes à forte intensité technologique. L’entrepreneur peut également se tourner vers des business angels prêts à investir s et à mettre à disposition leur expertise et leur réseau relationnel.

    Une fois épuisés les dispositifs de pré-amorçage, arrive donc enfin l’heure de la levée de fonds. Quels ultimes conseils ou mises en garde ? Tout d’abord, d’accepter de consacrer le temps nécessaire à cette recherche de fonds qui, à première vue, peut sembler empiéter sur le temps à consacrer au développement de la société. Ensuite, de bien choisir qui l’on décide de faire entrer au capital de sa société, en vérifiant : 1) qu’il pourra suivre sur le 2ème tour de financement, 2) qu’il saura accompagner au mieux la croissance de l’entreprise pour en maximiser la valeur. Enfin, d’accepter d’entrer dans un modèle axé sur “l’hyper croissance” avec toute la pression que cela suppose.

    Nicolas Reynier, Executive Manager Financement, IncubAlliance