Author: Nicolas

  • Le temps des entrepreneurs n’est pas extensible

    Le temps des entrepreneurs n’est pas extensible

    Du 9-9-6 au deep work : repenser l’allocation du temps en startup

    Jeudi, j’ai pris une après-midi de congé. Je suis allé voir le spectacle “Ada au-delà de l’image” à la Scène de Recherche de l’ENS Paris-Saclay. J’ai pris un verre avec ma fille. Puis je suis allé à mon cours d’aquarelle.
    Ce jour-là, je n’ai répondu qu’à 13 emails. Et pourtant, ou justement, la journée était pleine.

    La vie est faite de choix. L’entrepreneuriat aussi.

    On dit souvent que le temps de l’entrepreneur est extensible. Qu’il ou elle doit être partout, tout le temps : répondre à toutes les sollicitations, participer à tous les événements, saisir chaque opportunité, sous peine de passer à côté de quelque chose (le fameux Fear of Missing Out).

    Derrière cette injonction implicite se cache une croyance profondément ancrée : plus un entrepreneur travaille, plus il a de chances de réussir.

    Certaines cultures l’ont même théorisée, comme le modèle du “9-9-6”, travailler de 9h à 21h, six jours sur sept, devenu emblématique dans certaines grandes entreprises technologiques.
    Mais cette vision du temps est-elle réellement pertinente ?

    Et surtout, est-elle efficace dans un contexte entrepreneurial où les ressources sont limitées, l’incertitude forte, et où certains cycles, notamment en deeptech, s’inscrivent dans un temps long ?

    Sur le terrain, une autre réalité émerge. Des entrepreneurs commencent à remettre en question cette logique d’hyper-disponibilité. Ils réduisent leur présence sur certains événements, sélectionnent davantage leurs engagements, et cherchent à concentrer leur énergie sur ce qui crée réellement de la valeur.

    Cet article propose de déconstruire le mythe du temps extensible. Et de défendre une approche plus exigeante, mais aussi plus stratégique, du temps entrepreneurial : un temps choisi, aligné, et orienté vers des résultats critiques plutôt que vers une accumulation d’actions.

    1. Le mythe du temps infini : comprendre le modèle du 9-9-6

    Si l’idée d’un temps de travail extensible semble implicite dans l’entrepreneuriat, elle est aussi largement entretenue par certains stéréotypes : “Il part déjà ?”, “Comment ça, un entrepreneur prend des vacances ?”
    Comme si l’engagement entrepreneurial devait nécessairement se traduire par une disponibilité totale.

    Le modèle du “9-9-6”, travailler de 9h à 21h, six jours sur sept, s’est imposé dans certaines grandes entreprises technologiques chinoises comme un standard officieux de performance. On retrouve également des logiques similaires dans d’autres cultures de travail très intensives, notamment au Japon, parfois poussées à l’extrême.

    Popularisé par des figures emblématiques du secteur, ce modèle repose sur une équation simple : plus d’heures, plus d’engagement, plus de résultats.


    Sur le papier, la logique est séduisante.


    Dans des environnements ultra-compétitifs, où la vitesse d’exécution est critique, intensifier l’effort peut sembler rationnel. Le 9-9-6 devient alors un signal : celui de l’ambition, de la résilience, voire du sacrifice nécessaire pour réussir.

    Et cette logique ne se limite plus aux pays asiatiques.

    Depuis quelques années, on observe une forme de réappropriation, plus diffuse, de ces codes aux États-Unis, notamment à travers ce que l’on appelle la hustle culture. Sans reprendre explicitement le cadre du “9-9-6”, elle valorise une disponibilité permanente, une intensité de travail élevée, et une certaine glorification du sur-engagement, particulièrement dans les écosystèmes startup.
    Mais cette vision repose sur un présupposé rarement questionné : que le temps est une ressource linéaire.
    Qu’en ajoutant des heures, on augmente mécaniquement la valeur produite.

    Or, dans les faits, cette relation est loin d’être évidente.

    Les critiques du 9-9-6 sont nombreuses : fatigue chronique, baisse de la créativité, décisions de moindre qualité, désengagement à moyen terme. Ce modèle fonctionne, parfois, sur des cycles courts, dans des contextes d’exécution intense. Mais il montre rapidement ses limites dès que les enjeux deviennent plus complexes.

    Et c’est précisément là que l’entrepreneuriat, en particulier deeptech, se distingue.

    Construire une startup ne consiste pas uniquement à exécuter plus vite. C’est naviguer dans l’incertitude, arbitrer en permanence, faire des choix structurants avec une information incomplète. C’est aussi tenir dans la durée, une réalité encore plus marquée dans les cycles longs de la deeptech.

    Dans ce contexte, empiler les heures n’est pas seulement inefficace. Cela peut devenir contre-productif.

    Le 9-9-6 ne pose donc pas seulement une question de rythme de travail. Il révèle une croyance plus profonde : celle selon laquelle la performance entrepreneuriale se mesure au volume d’effort plutôt qu’à la qualité des décisions.

    Une croyance qu’il devient urgent de reconsidérer.

    2. Le temps entrepreneurial n’est pas extensible : il est contraint, donc stratégique

    Sur le terrain, une autre réalité s’impose.

    En 2025, plusieurs entrepreneurs que j’accompagne ont pris le temps de faire un exercice simple : analyser, à froid, les événements auxquels ils avaient participé : salons professionnels, conférences, meetups, délégations.

    Le constat est sans appel.

    Beaucoup de temps investi.
    Peu de retours concrets.
    Et surtout, une difficulté à relier ces engagements à des résultats tangibles : clients signés, partenariats structurants, avancées décisives.

    En 2026, leur décision est radicale et lucide : faire moins.
    Mais mieux.

    Moins de salons. Moins de dispersion. Plus de sélectivité.


    Certains événements sont purement arrêtés. D’autres sont conservés, mais avec une intention claire : rencontrer un nombre ciblé d’acteurs, valider une hypothèse marché, ou accélérer une discussion déjà engagée.

    Ce basculement est intéressant, car il marque une rupture avec un réflexe encore très répandu dans l’écosystème : être présent “au cas où”.
    Au cas où une opportunité se présente. Au cas où un investisseur passe.

    Au cas où “ça peut servir”.
    Mais ce “au cas où” a un coût. Un coût d’opportunité.

    Chaque journée passée sur un salon est une journée non investie ailleurs : sur le produit, sur la stratégie, sur un client clé, ou simplement sur du recul.

    Et c’est là que le sujet devient critique.

    Le temps de l’entrepreneur n’est pas seulement limité. Il est structurellement contraint.
    Contraint par le manque de ressources. Contraint par l’incertitude. Contraint par la nécessité de faire des choix sans avoir toutes les informations.
    Dans ce contexte, dire oui à tout n’est pas un signe d’engagement. C’est souvent un manque de priorisation.

    À l’inverse, les entrepreneurs qui progressent le plus vite ne sont pas ceux qui en font le plus. Ce sont ceux qui alignent leur temps avec leurs enjeux critiques.
    Ceux qui acceptent de renoncer.
    Renoncer à certains événements. Renoncer à certaines opportunités perçues. Renoncer, parfois, à être visibles ; pour rester efficaces.

    Ce n’est pas une posture confortable. Mais c’est une posture stratégique.
    Car derrière chaque choix d’agenda se cache une question beaucoup plus fondamentale : est-ce que ce que je fais aujourd’hui rapproche réellement mon projet de son prochain jalon critique ?

    Et dans bien des cas, la réponse oblige à faire moins. Mais beaucoup mieux.

    3. De l’intensité au focus : le travail en profondeur comme levier stratégique

    Si empiler les heures ne garantit pas la performance, une autre approche émerge : celle qui consiste à protéger son attention plutôt qu’à étendre son temps.
    Le chercheur et auteur Cal Newport parle de deep work, le travail en profondeur : des périodes de concentration sans distraction, consacrées à des tâches à forte valeur ajoutée.
    Dit autrement : faire moins de choses. Mais faire celles qui comptent vraiment.
    Pour un entrepreneur, cela change profondément la manière de structurer son temps.
    Il ne s’agit plus de remplir son agenda. Il s’agit de l’aligner.
    Aligner son temps avec ses enjeux critiques : valider une hypothèse marché, closer un client stratégique, structurer une roadmap produit, sécuriser un financement.
    Dans cette logique, toutes les tâches ne se valent pas. Et toutes les sollicitations ne méritent pas une réponse immédiate.
    Le véritable enjeu devient alors la capacité à identifier ce qui fait réellement progresser le projet, et à créer les conditions pour y consacrer une attention pleine.
    Cela suppose deux mouvements exigeants :

    Le premier est interne : clarifier ses priorités.

    Quels sont les 2 ou 3 objectifs qui, s’ils sont atteints, changent significativement la trajectoire de la startup ?Qu’est-ce qui relève du signal… et qu’est-ce qui relève du bruit ?
    Sans cette clarté, le risque est simple : subir son agenda plutôt que le piloter.

    Le second est externe : rendre ces priorités visibles.

    À son équipe, pour aligner les efforts. Mais aussi à son écosystème, partenaires, incubateurs, investisseurs, pour cadrer les attentes.
    Dire “non” devient alors plus facile, car il ne s’agit plus d’un refus arbitraire. C’est un choix cohérent avec une trajectoire assumée.

    Et c’est souvent là que le basculement s’opère.

    Les entrepreneurs les plus efficaces ne sont pas ceux qui travaillent le plus. Ce sont ceux qui protègent le mieux leur capacité de concentration.
    Ceux qui savent créer des espaces de travail profond, même dans des environnements fragmentés. Ceux qui acceptent de disparaître temporairement, pour produire des avancées décisives.

    Dans un écosystème où l’agitation est souvent valorisée, cette posture peut sembler contre-intuitive.
    Elle est pourtant essentielle.

    Car au fond, la question n’est pas : combien d’heures avez-vous travaillé ?
    Mais : qu’avez-vous réellement fait avancer ?

    Conclusion : une vision plus qualitative du temps

    On a longtemps valorisé les entrepreneurs capables de tout faire, tout le temps.
    Peut-être faut-il aujourd’hui valoriser ceux qui savent choisir.

    Ne pas aller à tous les événements.
    Ne pas répondre à toutes les sollicitations.
    Ne pas céder à l’illusion du mouvement permanent.

    Car dans un monde où tout s’accélère, une compétence devient clé : savoir où ne pas aller.
    Le temps n’est pas une ressource à étendre.
    C’est une ressource à protéger.
    Et bien souvent, c’est dans ce que l’on décide de ne pas faire que se joue la réussite d’un projet.

  • Une semaine au cœur de l’innovation à Paris-Saclay (presque 100% PUI)

    Une semaine au cœur de l’innovation à Paris-Saclay (presque 100% PUI)

    4–6 minutes

    Retour sur une semaine du 16 novembre particulièrement intense au cœur de l’innovation Paris-Saclay

    Voilà un peu plus d’un mois que je n’ai rien publié sur mon blog.
    La raison ? Le temps. Ou plutôt, le manque de temps. Entre mes cours, la correction des copies de Master 1, la préparation du concours i-Lab 2026, les projets en cours, et les nombreux événements de l’écosystème – notamment autour de la santé – les journées ont filé à une vitesse folle.
    Et cette semaine du 16 novembre en a été une parfaite illustration.

    Une semaine au cœur du Pôle Universitaire d’Innovation (PUI) de Paris-Saclay

    En collaboration avec EBN – European Business and Innovation Centre Network, qui réunit les principaux incubateurs et centres d’innovation européens, et surtout Johanna qui a eu l’initiative de cette visite, nous avons eu le plaisir d’accueillir une délégation libanaise sur le Playground Paris-Saclay.

    Même si j’ai déjà eu l’occasion d’échanger avec plusieurs délégations internationales, c’était pour moi la première fois que je rencontrais une délégation libanaise — un moment à la fois nouveau et très enrichissant.

    J’ai été ravi d’y associer — et je les remercie pour leur soutien — mes camarades du PUI, Roberta et Rita, ainsi que Simon Morin, lauréat Starthèse 2024. Simon a lancé D.Terre Biotechnology, avec Aïda et Nadia, une jeune startup accompagnée par IncubAlliance, qui développe des solutions de dépollution des sols par enzymes. Leur ambition ? Mettre à profit des enzymes naturelles, stables et biodégradables, pour traiter les polluants organiques des sols — hydrocarbures, résidus industriels, etc. — et offrir une alternative écologique, moins coûteuse et plus respectueuse de l’environnement que les méthodes classiques. Vous pouvez lire un article complet sur leur startup sur le site de l’université Paris-Saclay : https://www.universite-paris-saclay.fr/en/news/dterre-plate-soil-decontamination-thanks-enzymes

    Il a présenté un pitch sans slide (ma faute), exposant avec simplicité et précision les fondements de leur démarche.
    D.Terre illustre bien cette nouvelle génération d’entrepreneurs scientifiques engagés dans des solutions biotechnologiques utiles et responsables.

    Le premier Lab Tour de l’Université d’Évry a également rassemblé plus de 60 participants.

    Aux côtés de ma camarade de PUI Action 1, Sinaï, j’ai participé au premier Lab Tour organisé à l’Université d’Évry. À cette occasion, nous sommes intervenus lors d’une table ronde dédiée au rôle du PUI et à notre contribution au développement de l’entrepreneuriat académique, devant un public composé de chercheurs, doctorants et d’étudiants.

    Ces échanges ont permis de revenir très concrètement sur notre mission : faire le lien entre les laboratoires, les dispositifs d’accompagnement et l’écosystème de valorisation, tout en tenant compte des contraintes spécifiques de la recherche publique.

    L’après-midi s’est poursuivie par des discussions plus informelles avec plusieurs chercheurs. Deux sujets sont revenus de manière récurrente : les enjeux de propriété intellectuelle — souvent perçus comme complexes, voire dissuasifs — et les difficultés rencontrées par certains étudiants et doctorants internationaux, notamment dans leur compréhension des dispositifs français et de leurs marges de manœuvre entrepreneuriales.

    Des échanges précieux, qui rappellent à quel point l’accompagnement ne se limite pas aux outils ou aux financements, mais repose aussi sur la pédagogie, la clarification des règles du jeu et l’écoute des réalités de terrain.

    Au-delà de ces échanges terrain, la semaine a également été marquée par un temps fort autour de l’innovation en santé, qui illustre parfaitement la structuration progressive de l’écosystème.

    Focus santé en milieu de semaine avec le Rendez-vous de l’innovation en santé

    Le mercredi a été marqué par un temps fort : la présentation du panorama de l’innovation en santé au sein de l’Université Paris-Saclay, lors des Rendez-vous de l’innovation en santé.
    Les chiffres présentés traduisent l’importance de l’écosystème santé sur Paris-Saclay avec :

    • Plus de 74 start-up créées en 10 ans dans la santé, près de 482 millions d’euros levés, et plus de 80 % de ces jeunes pousses encore en activité.
    • Un socle de 480 familles de brevets, 80 dépôts industriels, ainsi que 64 thèses CIFRE, éléments déterminants pour l’ancrage territorial et la valorisation de la recherche en innovation santé.
    • Cinq laboratoires communs LabCom créés ces cinq dernières années, preuve de la dynamique partenariale public-privé, et une implication de plus de 120 laboratoires et 450 entreprises partenaires.

    Parmi les projets présents figuraient notamment Willis (rencontré la veille) et Diav+, tous deux accompagnés par IncubAlliance.

    Ce rendez-vous a également été l’occasion d’annoncer et de signer un partenariat entre l’Université Paris-Saclay et la startup Owkin, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la biologie. Dans ce cadre, un protocole d’accord a été signé pour déployer au sein de l’université la plateforme K Pro Free, un outil d’IA conçu pour faciliter l’accès et l’analyse des données biomédicales par la communauté scientifique. Ce partenariat vise à rendre cet outil accessible à l’ensemble des enseignants-chercheurs, chercheurs et doctorants en sciences biomédicales de Paris-Saclay, ainsi qu’à organiser des ateliers, des formations et des événements pour favoriser son adoption et son intégration dans les pratiques de recherche et d’innovation. 

    Pour en savoir plus sur l’accord signé :
    Université Paris‑Saclay et Owkin annoncent leur partenariat autour de l’IA en santé

    Ce que j’ai observé

    Au-delà des événements eux-mêmes, cette semaine a surtout été riche d’enseignements.
    Trois éléments m’ont particulièrement marqué cette semaine :

    • Le rôle central de la pédagogie, auprès de l’ensemble des interlocuteurs — chercheurs, entrepreneurs ou délégations internationales — notamment sur des sujets complexes comme la propriété intellectuelle
    • L’importance des échanges internationaux, qui permettent de challenger nos pratiques et d’enrichir nos approches
    • Le lien essentiel entre recherche et marché, au cœur des dispositifs comme le PUI, qui structurent la transformation des projets scientifiques en initiatives entrepreneuriales concrètes

    Je retiens en particulier la qualité des échanges avec nos interlocuteurs libanais. Leurs questions, précises et parfois exigeantes, obligent à clarifier nos pratiques, à expliciter nos choix et à aller au fond des sujets. C’est exactement ce type de dialogue qui permet de faire progresser collectivement les écosystèmes d’innovation.

    Conclusion

    Cette semaine intense rappelle une chose essentielle : l’innovation ne se décrète pas. Elle se construit, patiemment, au croisement des acteurs, des idées et des réalités de terrain.

    C’est cette dynamique collective, parfois complexe, souvent exigeante, qui permet de transformer la recherche en projets concrets.

    Et c’est précisément ce qui rend cet écosystème si passionnant.

  • Voyage au cœur de la journée i-Lab 2025

    Voyage au cœur de la journée i-Lab 2025

    Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’assister à la cérémonie de remise des prix des lauréats du concours i-Lab 2025, un rendez-vous incontournable qui marque pour eux le début d’une nouvelle étape de leur aventure entrepreneuriale. C’est un moment attendu qui leur permet de se retrouver, d’échanger et de célébrer le début d’un nouveau chapitre dans leur développement.

    Sur le chemin, une étape

    Au rythme des embouteillages en direction de Boulogne-Billancourt, je me dirige vers la Seine Musicale, lieu emblématique où se déroule l’événement i-Lab. Ces moments de transition sont toujours propices à la réflexion — d’autant plus ici, dans un lieu à la croisée de la création artistique, de l’architecture futuriste et du monde des startups deeptech. Que de chemin parcouru pour ces jeunes pousses, souvent issues des laboratoires publics, qui franchissent aujourd’hui une étape symbolique… et décrochent un véritable label d’excellence. Un décor qui incarne à lui seul la rencontre entre imagination et innovation.

    Sur les derniers mètres, j’ai même expérimenté une nouvelle forme de mobilité douce avec OuiCycle, un véhicule intermédiaire entre énergie musculaire et solaire, à la fois respectueux de l’environnement et étonnamment fluide (ouicycle.fr). Une belle mise en jambe avant d’entrer dans le marathon i-Lab.

    L’ouverture du forum

    La matinée s’est ouverte en musique avec l’énergie communicative de Cécile Djunga, avant une série de présentations éclair d’entrepreneurs venus partager leur aventure et leurs ambitions.

    Parmi eux, KeplerTech, une startup que j’accompagne en tant que référent à IncubAlliance, a particulièrement retenu mon attention. Que de chemin parcouru depuis la relecture des premières lignes de leur dossier i-Lab, les réflexions stratégiques sur la trajectoire à adopter, les répétitions de pitch et la préparation de la vidéo de candidature… jusqu’à cette matinée où Christophe reçoit le cube magique tendu par la présentatrice pour se présenter devant les autres lauréats i-PhD, i-Lab et i-Nov.

    KeplerTech bouscule les codes de la microélectronique en développant NajaEDA, une plateforme open-source pour la conception de circuits intégrés.
    Dans un secteur verrouillé par quelques grands acteurs, leur approche ouverte et souveraine entend redonner la main aux entreprises, laboratoires et start-ups pour concevoir leurs propres puces, en toute autonomie. Lauréate du concours i-Lab 2025, la jeune pousse doit maintenant franchir plusieurs étapes clés : sécuriser sa R&D, renforcer la robustesse de sa plateforme et accélérer le déploiement commercial de sa solution de sa technologie, en Europe, en Inde, au Brésil et aux États-Unis.


    « Nous voulons donner aux entreprises la maîtrise de leurs outils de conception et la possibilité d’innover à leur rythme. » — Christophe Alexandre, CEO de KeplerTech

    Une belle illustration de la souveraineté technologique européenne et du potentiel de l’open-source.

    Pause déjeuner avec Unveil

    Le déjeuner fut l’occasion d’échanger avec Unveil, autre startup issue de Paris-Saclay et accompagnée par IncubAlliance. Née dans les laboratoires de l’Institut d’Optique Graduate School, Unveil révolutionne la caractérisation des nanoparticules grâce à une technologie optique directe, simple et rapide.

    Une innovation clé pour le développement de bio-médicaments plus sûrs et plus accessibles, qu’il s’agisse de virus pour la thérapie génique ou de nanoparticules lipidiques pour les vaccins à ARN messager.

    « Notre ambition est de rendre la caractérisation des nanoparticules aussi simple et rapide que possible, pour aider les acteurs du biomédical à développer plus efficacement les traitements de demain. » — Alexis Auchère, cofondateur d’Unveil

    Le label i-Lab 2025 leur permettra d’accélérer leur phase d’industrialisation et de renforcer leur R&D .

    Après-midi orientée action

    L’après-midi s’est ouverte avec Marie Dollé, brillante intervenante à la tête de la plateforme EuroQuity, et également autrice de “In Bed With Social”.

    Avec simplicité et justesse, elle a rappelé une vérité utile à tous ceux qui reçoivent — ou donnent — des conseils :

    « Il faut écouter ce qui résonne avec vous. » — Marie Dollé

    Au-delà de cette citation, elle a partagé des conseils concrets tirés de son expérience chez EuroQuity, notamment sur la façon d’aborder une levée de fonds — une étape souvent nécessaire pour cofinancer leur programme d’innovation i-Lab.

    Et le prochain voyage ?

    Pour les lauréats, il s’agit désormais de prolonger l’aventure : concrétiser leur projet, renforcer leurs équipes et trouver les compléments de financement nécessaires à leur développement.

    Pour celles et ceux qui n’ont pas été retenus cette fois, le voyage continue aussi : l’heure est déjà à la préparation des prochains appels à projets du concours i-Lab. Et, comme toujours, cela commence dès maintenant.

    Pour aller plus loin, lien du dossier de presse des lauréats : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2025-10/dossier-de-presse-france-2030—laur-ats-concours-d-innovation-2025-38064.pdf