Author: Nicolas

  • Alzheimer, une bataille d’innovation et d’humanité

    Alzheimer, une bataille d’innovation et d’humanité

    Chaque année, le 21 septembre, la journée mondiale de la lutte contre la maladie d’Alzheimer nous rappelle une évidence : nous sommes tous concernés. Que ce soit parce qu’un proche en est atteint, parce que nous avons croisé la maladie dans notre entourage professionnel, ou simplement parce que nous faisons partie d’une société qui vieillit.

    Alzheimer, c’est plus qu’un enjeu médical : c’est un défi collectif. Un défi qui mobilise chercheurs, soignants, aidants, familles, mais aussi des entrepreneurs audacieux. Ceux qui décident de se lancer dans ce combat savent qu’ils avancent sur un terrain miné : plus de 200 essais cliniques de phase III ont échoué en vingt ans. Pourtant, ils y vont. Parce qu’il y a urgence, et parce qu’il y a espoir.

    Des visages derrière les projets

    Derrière les innovations, il y a des visages. Ces entrepreneurs que j’ai croisés, ou suivis de près, incarnent chacun à leur manière une façon de répondre à la maladie.

    Romain Verpillot / Alzohis & Noratest®

    Romain Verpillot, a co-fondé Alzohis. Sa conviction : pour avancer, il faut rendre le diagnostic plus simple et plus précoce. Avec Noratest®, il propose un test sanguin capable de distinguer Alzheimer d’autres pathologies neurologiques. Là où aujourd’hui on impose encore aux patients des parcours lourds (IRM, ponction lombaire), lui veut démocratiser un diagnostic accessible, rapide et non invasif. Son travail a reçu le soutien d’Alzheimer Europe, preuve que la communauté scientifique croit à cette approche.

    Jérôme Braudeau et Baptiste Billoir / AgenT

    Chercheur en neurosciences, Jérôme Braudeau, avec son associé Baptiste Billoir, a créé AgenT, une biotech installée au cœur de Paris-Saclay. Leur idée : détecter la maladie avant même qu’elle ne soit visible cliniquement. Grâce au test sanguin B-HEALED, basé sur l’analyse multi-omics et l’intelligence artificielle, ils veulent identifier les patients “à risque” plusieurs années avant l’apparition des premiers troubles de la mémoire. C’est un pari ambitieux, mais crucial : plus on agit tôt, plus on a une chance de ralentir — ou un jour, d’empêcher — la progression.

    Sébastien Lasnier / Synaptys Neuroscience

    Fondateur de Synaptys Neuroscience, Sébastien Lasnier a une motivation intime : un proche touché par Alzheimer. De là est née une mission : développer un traitement qui cible plusieurs mécanismes de la maladie en même temps, plutôt que de s’attaquer à une seule cause. Leur molécule phare, SYS-0108, agit à la fois sur la neurodégénérescence et l’inflammation. Synaptys a fait le choix d’un modèle de biotech “à taille humaine”, ancrée sur le plateau de Saclay, mais ouverte sur le monde. Lors du TEDx Paris-Saclay, Sébastien a partagé son parcours avec une sincérité qui a marqué le public : “Je me bats pour que d’autres familles ne vivent pas ce que la mienne a traversé.”

    Laetitia Portal / Hello Art Up

    Enfin, il y a des entrepreneurs qui s’attaquent à Alzheimer par un autre chemin. Laetitia Portal, diplômée en archéologie et en histoire de l’art, a créé Hello Art Up. Sa startup transforme les EHPAD en musées virtuels inclusifs, co-construits avec les résidents, les familles et les salariés. Chacun y apporte ses souvenirs, ses objets, ses passions, enregistrés puis intégrés dans une visite virtuelle. Résultat : un outil qui redonne une voix, une identité et une fierté aux personnes âgées.

    L’idée est née d’une histoire personnelle : son grand-père, atteint d’Alzheimer, retrouvait toute sa vivacité quand il parlait de son jardin et de ses pierres “romaines”. Aujourd’hui, plus de 60 établissements en France disposent de leur musée, et le projet a été distingué par « le prix Coup de cœur » des Entrepreneuses Helena Rubinstein et Force Femmes 2024. Une innovation qui ne guérit pas la maladie, mais qui soigne l’humain.

    Côté investissement, le sujet est complexe

    Entre 2000 et 2020, plus de 200 essais cliniques de phase III sur Alzheimer ont échoué. Ces résultats ont marqué le secteur et freiné de nombreux engagements financiers, tant le risque paraissait élevé.

    Depuis 2021, la tendance change peu à peu. Plusieurs avancées scientifiques ravivent l’intérêt des investisseurs :

    • Les diagnostics précoces : tests sanguins et biomarqueurs permettent d’identifier la maladie bien plus tôt, ce qui ouvre la voie à des essais cliniques mieux ciblés et potentiellement plus efficaces.
    • L’ampleur du défi : avec près de 50 millions de personnes concernées dans le monde et un coût économique colossal, Alzheimer est un enjeu sanitaire et sociétal de premier plan.
    • Les premiers signaux positifs : quelques résultats encourageants, même partiels, redonnent confiance et attirent de nouveau les fonds spécialisés, souvent en partenariat avec le secteur public.

    À côté de ces dynamiques privées, la philanthropie reste essentielle. En France, plusieurs fondations investissent chaque année entre 1 et 4 millions d’euros dans des projets ciblés. Ces soutiens complètent les financements institutionnels et permettent à de nombreuses initiatives de franchir les premières étapes. Si vous souhaitez contribuer à la recherche, vous pouvez soutenir France Alzheimer https://www.francealzheimer.org/

    Un concours avant de se quitter

    Pour terminer sur une note concrète, je veux signaler qu’il existe en ce moment un appel à projets particulièrement intéressant pour celles et ceux qui travaillent sur Alzheimer.

    👉 L’appel « Vers un hôpital Alzheimer Friendly », porté par la Fondation Médéric Alzheimer aux côtés de partenaires hospitaliers, vise à soutenir des initiatives qui améliorent l’accueil et la prise en soin des personnes atteintes d’Alzheimer dans les établissements de santé. L’enveloppe totale atteint 400 000 €, répartie entre plusieurs projets structurants. En savoir plus

    En guise de conclusion

    Alors, en cette journée mondiale, je garde une conviction : Alzheimer n’est pas seulement une maladie à vaincre, c’est aussi une expérience humaine à transformer. Entre la science dure et l’innovation sociale, il y a un continuum de solutions. Et c’est sans doute en croisant ces chemins que nous avancerons.

  • Retour vers le futur : l’Université d’été de l’économie de demain sous le signe des tensions et de l’espoir

    Retour vers le futur : l’Université d’été de l’économie de demain sous le signe des tensions et de l’espoir

    Ce vendredi 29 août, la pluie s’est invitée à la Cité Internationale de Paris pour l’Université d’été de l’économie de demain, confirmant que le temps maussade fait désormais écho aux incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale. Pourtant, même sous un ciel gris, 3000 dirigeants et décideurs se sont réunis pour imaginer un futur fertile autour du thème “Retour vers le futur”.

    Un contexte de profonds bouleversements

    La référence peut sembler datée, mais le livre de Jean Stone, « Les clés du futur », continue d’influencer ma perception du monde. Les bouleversements actuels n’ont sans doute jamais été aussi vastes, rendant plus urgente encore une réflexion collective. Lors des débats auxquels j’ai assisté, la fondatrice du fonds 2050, Marie Ekeland, a brillamment résumé les tensions qui façonnent l’avenir :

    • Tensions sur les ressources naturelles : Alors que le climat change, l’accès aux matières premières, à l’eau, à l’énergie, et la préservation de la biodiversité deviennent des combats structurants pour toutes les économies.
    • Tensions géopolitiques : Les crises se multiplient et s’entremêlent, de l’instabilité des flux commerciaux, aux risques sociaux ou aux conflits territoriaux, rendant toute planification économique plus complexe.
    • Tensions liées à l’essor de l’intelligence artificielle : L’IA ajoute une couche d’incertitude et de transformation fulgurante qui bouscule les modèles de travail, d’organisation collective et d’innovation.

    Est-ce le signe d’un basculement vers un nouveau paradigme ? Lors des échanges, une participante a partagé le conseil reçu d’une agence de communication : désormais, il faudrait parler de “construction” plutôt que d’“engagement” afin de mieux incarner cette nouvelle dynamique.

    Un message positif malgré la tempête

    Malgré la gravité des sujets abordés, la journée a laissé place à l’optimisme. Le dirigeant de Norsys a présenté un modèle “permaentreprise” où RSE et croissance ne sont plus opposées, mais complémentaires. Chez Norsys, les salariés sont impliqués dans la gouvernance et la démarche sociale : ce fonctionnement se traduit par un taux de turnover de 7% contre 25% dans le secteur, preuve qu’engagement et performance peuvent s’allier. Une démarche qui semble encore embryonnaire dans le monde économique.

    Les recherches et témoignages partagés lors des interventions confirment que les entreprises qui s’engagent sérieusement en RSE enregistrent des rentabilités au moins équivalentes, sinon supérieures, à leurs concurrentes moins vertueuses.

    Une note personnelle, entre inspiration et éclaircie

    Quelques lignes griffonnées dans mon cahier Moleskine, inspiré par le calme et le recul de l’artiste Jon Koko, m’incitent à la même prudence constructive et au dialogue. En terminant ce brouillon dans le RER sur le chemin du retour, un rare rayon de soleil perce les nuages. Le futur semble prometteur, pour peu que l’audace collective l’emporte sur la résignation.

    Le replay

  • Démarrer sa startup sans argent

    Démarrer sa startup sans argent

    Concrétiser son rêve

    La création d’entreprise est souvent perçu comme un rêve. D’ailleurs, 1 français sur 3 envisage de créer une entreprise, selon un sondage mené par OpinionWay pour le Salon des Entrepreneurs en janvier 2020. Comme 15 millions de Français, peut-être que vous aussi vous songez à franchir le pas ? Mais vous ne savez pas par où commercer ?

    Au-delà de bien valider votre marché, définir votre produit et constituer votre équipe, la question du financement se pose.

    Les interrogations sont souvent multiples : dois-je casser mon livret A et mon PEL ? Mais dans ce cas, comme je vais faire face aux imprévus ? Dois-je demander à ma famille, mes amis ? Mais comment être certains que nos relations ne vont pas changer ? Et autant d’autres questions.

    D’autant plus, le sujet du capital de départ est central. Il est un facteur clés de réussite. Les dernières statistiques de l’INSEE le montrent. « Parmi les entreprises qui ont démarré avec moins de 2 000 euros, seulement 65 % sont encore actives trois ans après leur création »2. Si vous vous posez des questions sur le capital de départ nécessaire pour créer votre entreprise, je vous invite à lire l’article « Avec combien de capital démarrer sa startup ? » – il sera publié la semaine prochaine.

    Toutefois, il existe des solutions pratiques pour vous aider à récupérer de l’argent, sans risquer la faillite personnelle, mais en mouillant la chemise. Ainsi, vous pourrez démarrer votre aventure entrepreneuriale et concrétiser votre rêve.

    Comment constituer son capital de départ ?

    Dans la suite de l’article, je vous présente les différentes solutions de financement pour constituer votre capital de départ. A mon sens, ce sont les plus simples à mettre en place et surtout elles vous permettent de limiter votre risque financier personnel.

    Vos économies

    En premier lieu, vos économies constituent la première source de financement de votre startup. C’est le moyen le plus utilisé et le plus simple de financer votre projet. C’est également vu comme une mesure de votre engagement personnel sur votre projet, pour de nombreuses structures d’accompagnement et investisseurs.

    En fait, c’est une solution si vous avez des économies et que vous êtes prêt à investir – c’est-à-dire prendre aussi le risque de tout perdre en cas d’échec. Vous devez donc trouver un juste équilibre entre l’argent que vous investissez dans votre startup et celui que vous gardez en cas de coup dur personnel.

    De plus, c’est une solution idéale si vous êtes salarié. Vous vous laissez un peu de temps et vous constituez des économies. Avoir une création d’entreprise en tête quand on est salarié, c’est un objectif motivant pour épargner. Avant de quitter votre travail, faites bien attention d’avoir suffisamment d’économies de côté pour vous lancer dans de meilleures conditions – quand cela est possible bien évidemment.

    Toutefois, si vous n’en avez pas ou le montant est encore insuffisant, d’autres solutions sont envisageables.

    Votre entourage (famille et amis)

    Souvent appelé sous le terme Friends and Family (famille et amis), faire appel à son entourage est une option souvent prise par les entrepreneurs.

    Plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez avoir recours à la reconnaissance de dettes, opter pour la prise de participation directement au capital par votre entourage ou utiliser une plate-forme de financement participatif pour faire du financement sous forme de royalties.

    Reconnaissance de dette

    La reconnaissance de dette est un document juridique permettant de reconnaitre un prêt entre deux particuliers. Elle a un formalisme bien spécifique.

    Plusieurs difficultés peuvent être relevées dans ce cas de figure : modalités de remboursement, gestion des potentiels conflits, rédaction du contrat, etc. En outre, vous porterez la dette à titre personnelle et en cas d’échec de votre société, vous serez dans l’obligation de rembourser.

    Prise de participation

    La prise de participation consiste, dans le cas présent, à laisser quelqu’un de votre entourage à prendre des parts au capital de votre entreprise. C’est-à-dire à en devenir le copropriétaire. Le ou les associés issus de votre entourage seront, dans bien des cas, « passifs », dans le sens où ils ne participeront pas activement au développement de votre startup.

    Si un jour ils souhaitent récupérer leur capital, vous serez obligé soit de racheter leur part à la valorisation à l’instant t de votre entreprise soit les céder à un autre acquéreur, un investisseur par exemple soit revendre votre société.

    Financement en royalties

    Le financement en royalties ou encore le financement basé sur les revenus est assez récent dans le monde des startups. Je le conseille maintenant depuis environ trois ans pour sa simplicité et sa sécurité. Le principe est assez simple : on vous « prête de l’argent » et vous remboursez un pourcentage de votre chiffre d’affaires. Finalement, c’est un modèle plutôt vertueux, il aligne les intérêts sur le la fonction essentielle de l’entreprise : vendre. Le risque est partagé puisque si vous faites faillite vous n’aurez rien à rembourser.

    Personnellement, je vous encourage à utiliser des plateformes de financement participatif spécialisées telles que WE DO GOOD.

    Passer par ce type de plateforme est mieux qu’une reconnaissance de dette, car le risque est assumé par votre entourage. Et c’est aussi mieux qu’un investissement direct, car votre entourage peut se désengager à moyen terme plus facilement. A plusieurs égards, c’est l’une des solutions les plus sécurisantes pour vous et votre famille.

    Les concours

    Les concours peuvent être une bonne source de financement au démarrage de son entreprise. Ils peuvent vous aider à développer votre produit et dans certains cas, vous apporter un financement. Au début, concentrez-vous sur des concours sans condition de fonds propres. Même si le financement est moins important, ils seront plus accessibles et vous maximiserez à la fois votre temps et vos chances de réussites. N’oubliez pas que la concurrence peut être rude surtout s’il y a de l’argent à la clef.

    Pour ne manquer aucun concours, vous pouvez aussi regarder les concours que j’identifie dans ma veille régulière via la section « plateforme des aides ».

    Vos clients

    Enfin, cela peut être également vos clients qui vous aident à financer votre produit.

    A ce titre, vous pouvez envisager de développer une activité complémentaire, en fonction de vos compétences et de votre savoir faire, en parallèle de votre idée principale. Par exemple, si vous développez un produit connecté pour la santé, vous pouvez faire du développement informatique en seconde activité pour financer votre projet.

    Résumé des solutions en vidéo

    Je vous résume les solutions dans une vidéo tutorielle IncubAlliance.

    Vous pouvez aussi voir d’autres tutoriels sur la chaine YouTube de IncubAlliance via le lien suivant : https://www.youtube.com/channel/UCpIjmyb37Pxi0Lw4Uy0kdpw

    Et vous ?

    Chaque cas est unique. Vous devez trouver le bon mix pour financer le capital de départ nécessaire au lancement de votre affaire. N’hésitez pas à faire un tour sur l’article « Avec combien de capital de départ démarrer ? » pour compléter votre avis sur le sujet. (article disponible la semaine prochaine).

    Si vous avez déjà franchi cette étape

    N’hésitez pas à partager en commentaires votre retour d’expérience sur le sujet. ça sera très utile pour les prochains lecteurs. Merci pour eux.

    Vous pouvez également faire un tour sur l’article « optimiser son capital de départ ». (disponible prochainement).

    1. Vous pouvez retrouver l’étude via le lien suivant : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2846566