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  • Voyage au cœur de la journée i-Lab 2025

    Voyage au cœur de la journée i-Lab 2025

    Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’assister à la cérémonie de remise des prix des lauréats du concours i-Lab 2025, un rendez-vous incontournable qui marque pour eux le début d’une nouvelle étape de leur aventure entrepreneuriale. C’est un moment attendu qui leur permet de se retrouver, d’échanger et de célébrer le début d’un nouveau chapitre dans leur développement.

    Sur le chemin, une étape

    Au rythme des embouteillages en direction de Boulogne-Billancourt, je me dirige vers la Seine Musicale, lieu emblématique où se déroule l’événement i-Lab. Ces moments de transition sont toujours propices à la réflexion — d’autant plus ici, dans un lieu à la croisée de la création artistique, de l’architecture futuriste et du monde des startups deeptech. Que de chemin parcouru pour ces jeunes pousses, souvent issues des laboratoires publics, qui franchissent aujourd’hui une étape symbolique… et décrochent un véritable label d’excellence. Un décor qui incarne à lui seul la rencontre entre imagination et innovation.

    Sur les derniers mètres, j’ai même expérimenté une nouvelle forme de mobilité douce avec OuiCycle, un véhicule intermédiaire entre énergie musculaire et solaire, à la fois respectueux de l’environnement et étonnamment fluide (ouicycle.fr). Une belle mise en jambe avant d’entrer dans le marathon i-Lab.

    L’ouverture du forum

    La matinée s’est ouverte en musique avec l’énergie communicative de Cécile Djunga, avant une série de présentations éclair d’entrepreneurs venus partager leur aventure et leurs ambitions.

    Parmi eux, KeplerTech, une startup que j’accompagne en tant que référent à IncubAlliance, a particulièrement retenu mon attention. Que de chemin parcouru depuis la relecture des premières lignes de leur dossier i-Lab, les réflexions stratégiques sur la trajectoire à adopter, les répétitions de pitch et la préparation de la vidéo de candidature… jusqu’à cette matinée où Christophe reçoit le cube magique tendu par la présentatrice pour se présenter devant les autres lauréats i-PhD, i-Lab et i-Nov.

    KeplerTech bouscule les codes de la microélectronique en développant NajaEDA, une plateforme open-source pour la conception de circuits intégrés.
    Dans un secteur verrouillé par quelques grands acteurs, leur approche ouverte et souveraine entend redonner la main aux entreprises, laboratoires et start-ups pour concevoir leurs propres puces, en toute autonomie. Lauréate du concours i-Lab 2025, la jeune pousse doit maintenant franchir plusieurs étapes clés : sécuriser sa R&D, renforcer la robustesse de sa plateforme et accélérer le déploiement commercial de sa solution de sa technologie, en Europe, en Inde, au Brésil et aux États-Unis.


    « Nous voulons donner aux entreprises la maîtrise de leurs outils de conception et la possibilité d’innover à leur rythme. » — Christophe Alexandre, CEO de KeplerTech

    Une belle illustration de la souveraineté technologique européenne et du potentiel de l’open-source.

    Pause déjeuner avec Unveil

    Le déjeuner fut l’occasion d’échanger avec Unveil, autre startup issue de Paris-Saclay et accompagnée par IncubAlliance. Née dans les laboratoires de l’Institut d’Optique Graduate School, Unveil révolutionne la caractérisation des nanoparticules grâce à une technologie optique directe, simple et rapide.

    Une innovation clé pour le développement de bio-médicaments plus sûrs et plus accessibles, qu’il s’agisse de virus pour la thérapie génique ou de nanoparticules lipidiques pour les vaccins à ARN messager.

    « Notre ambition est de rendre la caractérisation des nanoparticules aussi simple et rapide que possible, pour aider les acteurs du biomédical à développer plus efficacement les traitements de demain. » — Alexis Auchère, cofondateur d’Unveil

    Le label i-Lab 2025 leur permettra d’accélérer leur phase d’industrialisation et de renforcer leur R&D .

    Après-midi orientée action

    L’après-midi s’est ouverte avec Marie Dollé, brillante intervenante à la tête de la plateforme EuroQuity, et également autrice de “In Bed With Social”.

    Avec simplicité et justesse, elle a rappelé une vérité utile à tous ceux qui reçoivent — ou donnent — des conseils :

    « Il faut écouter ce qui résonne avec vous. » — Marie Dollé

    Au-delà de cette citation, elle a partagé des conseils concrets tirés de son expérience chez EuroQuity, notamment sur la façon d’aborder une levée de fonds — une étape souvent nécessaire pour cofinancer leur programme d’innovation i-Lab.

    Et le prochain voyage ?

    Pour les lauréats, il s’agit désormais de prolonger l’aventure : concrétiser leur projet, renforcer leurs équipes et trouver les compléments de financement nécessaires à leur développement.

    Pour celles et ceux qui n’ont pas été retenus cette fois, le voyage continue aussi : l’heure est déjà à la préparation des prochains appels à projets du concours i-Lab. Et, comme toujours, cela commence dès maintenant.

    Pour aller plus loin, lien du dossier de presse des lauréats : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2025-10/dossier-de-presse-france-2030—laur-ats-concours-d-innovation-2025-38064.pdf

  • Carnet de route – BIG 2025

    Carnet de route – BIG 2025

    Dès les premières heures du matin, l’air vibrait déjà d’une énergie particulière. Les allées menant à l’Accor Arena se remplissaient de silhouettes pressées, badges en main, regards curieux et impatients. On sentait dans l’air cette promesse d’un rendez-vous pas comme les autres. BIG 2025, c’était aujourd’hui, et tout indiquait que la journée allait être grandiose.

    Les portes s’ouvrent, et l’on est aussitôt happé par une vague sonore. La salle, baignée de lumières vives, se transforme en une véritable scène de festival. Un DJ prend possession des platines et, en quelques minutes, le tempo galvanise la foule. Les basses résonnent jusque dans la poitrine, les écrans géants s’illuminent, et le public s’anime : entrepreneurs, investisseurs, étudiants, chercheurs… tous se laissent emporter par cette mise en scène triomphale.

    Le ton est donné : BIG 2025 ne sera pas seulement un événement professionnel, mais une expérience collective, à la croisée de l’inspiration, de l’innovation et de l’émotion.

    BIG 2025 : une journée centrée sur la vérité

    La première chose qui me frappe, c’est l’affluence exceptionnelle de cette édition. BIG 2025 attire bien au-delà du seul cercle des entrepreneurs. Dans les allées, je croise aussi bien des lycéens curieux que des étudiants de master, aux côtés de chercheurs et d’un public plus large. L’événement s’ouvre ainsi à des profils variés, preuve que l’innovation et l’entrepreneuriat suscitent aujourd’hui un intérêt qui dépasse largement le monde des startups.

    Le thème de la « vérité » a pu en surprendre plus d’un, et je l’ai d’ailleurs entendu revenir plusieurs fois dans mes échanges avec d’autres participants. Aborder ce sujet dans le monde des startups peut sembler inattendu, mais il résonne fortement à l’heure des fake news et des informations brouillées. BIG 2025 rappelle ainsi que l’innovation ne peut se construire sans confiance ni transparence.

    S’adapter pour mieux affronter les défis avenirs

    On retient aussi qu’il faudra s’adapter à de nouveaux défis : l’intégration de l’IA dans la vie quotidienne, ou encore la transition écologique qui, même si elle n’est pas un sujet nouveau, demande encore énormément d’attention. Ce constat fait écho à mon dernier article sur l’Université d’été de l’économie de demain, que vous pouvez lire ou relire ici.

    BIG 2025 : pitch des doctorants de Paris Saclay

    Si vous étiez de passage vers 13h15 du côté de la porte N, vous n’avez pas pu manquer les doctorants de Startèse 2025. L’affluence parlait d’elle-même : difficile de se frayer un chemin tant il y avait de monde pour les écouter et les soutenir. On retrouvait là tout l’écosystème Paris-Saclay, et en particulier les acteurs de l’Action 1 du PUI, venus encourager cette nouvelle génération de chercheurs-entrepreneurs.

    Vous auriez pu croiser :

    • Ervan Achirou du projet Neural Quest : Rendre accessible et inclusif les jeux vidéos aux personnes en situation de handicap moteur,
    • Inès Doublier du projet Phlo : Technologie de couplage phage-bactérie pour la bioproduction,
    • Gaia Gentille du projet T-Rise : Thérapie cellulaire pour le traitement des rejets de greffes,
    • Raphael Honigsberg du projet Honigs : Système microfluidique innovant pour la culture cellulaire
    • Yan Monier du projet Adam : Technologie de jumeaux numériques appliqués à la surveillance des chaînes de production industrielles,
    • Vanille Sorret du projet Mauri x métrie : Technique de qualification des anticorps thérapeutiques, et enfin
    • Haoyang Zheng du projet Disothera : Plateforme end-to-end pour le criblage des candiats médicaments

    La suite ?

    La suite est simple : il suffit de prolonger l’expérience en regardant les nombreux replays. Comme ceux de 2024 (toujours disponibles en ligne), ils permettront de s’inspirer toute l’année et, surtout, de prendre le temps d’écouter dans de bonnes conditions les différentes interventions et prestations.

    Ce que je retiens de cette édition, c’est l’énergie collective et la diversité des publics présents. BIG 2025 n’a pas seulement mis en lumière l’innovation : il a montré qu’elle parle à tous.

  • Alzheimer, une bataille d’innovation et d’humanité

    Alzheimer, une bataille d’innovation et d’humanité

    Chaque année, le 21 septembre, la journée mondiale de la lutte contre la maladie d’Alzheimer nous rappelle une évidence : nous sommes tous concernés. Que ce soit parce qu’un proche en est atteint, parce que nous avons croisé la maladie dans notre entourage professionnel, ou simplement parce que nous faisons partie d’une société qui vieillit.

    Alzheimer, c’est plus qu’un enjeu médical : c’est un défi collectif. Un défi qui mobilise chercheurs, soignants, aidants, familles, mais aussi des entrepreneurs audacieux. Ceux qui décident de se lancer dans ce combat savent qu’ils avancent sur un terrain miné : plus de 200 essais cliniques de phase III ont échoué en vingt ans. Pourtant, ils y vont. Parce qu’il y a urgence, et parce qu’il y a espoir.

    Des visages derrière les projets

    Derrière les innovations, il y a des visages. Ces entrepreneurs que j’ai croisés, ou suivis de près, incarnent chacun à leur manière une façon de répondre à la maladie.

    Romain Verpillot / Alzohis & Noratest®

    Romain Verpillot, a co-fondé Alzohis. Sa conviction : pour avancer, il faut rendre le diagnostic plus simple et plus précoce. Avec Noratest®, il propose un test sanguin capable de distinguer Alzheimer d’autres pathologies neurologiques. Là où aujourd’hui on impose encore aux patients des parcours lourds (IRM, ponction lombaire), lui veut démocratiser un diagnostic accessible, rapide et non invasif. Son travail a reçu le soutien d’Alzheimer Europe, preuve que la communauté scientifique croit à cette approche.

    Jérôme Braudeau et Baptiste Billoir / AgenT

    Chercheur en neurosciences, Jérôme Braudeau, avec son associé Baptiste Billoir, a créé AgenT, une biotech installée au cœur de Paris-Saclay. Leur idée : détecter la maladie avant même qu’elle ne soit visible cliniquement. Grâce au test sanguin B-HEALED, basé sur l’analyse multi-omics et l’intelligence artificielle, ils veulent identifier les patients “à risque” plusieurs années avant l’apparition des premiers troubles de la mémoire. C’est un pari ambitieux, mais crucial : plus on agit tôt, plus on a une chance de ralentir — ou un jour, d’empêcher — la progression.

    Sébastien Lasnier / Synaptys Neuroscience

    Fondateur de Synaptys Neuroscience, Sébastien Lasnier a une motivation intime : un proche touché par Alzheimer. De là est née une mission : développer un traitement qui cible plusieurs mécanismes de la maladie en même temps, plutôt que de s’attaquer à une seule cause. Leur molécule phare, SYS-0108, agit à la fois sur la neurodégénérescence et l’inflammation. Synaptys a fait le choix d’un modèle de biotech “à taille humaine”, ancrée sur le plateau de Saclay, mais ouverte sur le monde. Lors du TEDx Paris-Saclay, Sébastien a partagé son parcours avec une sincérité qui a marqué le public : “Je me bats pour que d’autres familles ne vivent pas ce que la mienne a traversé.”

    Laetitia Portal / Hello Art Up

    Enfin, il y a des entrepreneurs qui s’attaquent à Alzheimer par un autre chemin. Laetitia Portal, diplômée en archéologie et en histoire de l’art, a créé Hello Art Up. Sa startup transforme les EHPAD en musées virtuels inclusifs, co-construits avec les résidents, les familles et les salariés. Chacun y apporte ses souvenirs, ses objets, ses passions, enregistrés puis intégrés dans une visite virtuelle. Résultat : un outil qui redonne une voix, une identité et une fierté aux personnes âgées.

    L’idée est née d’une histoire personnelle : son grand-père, atteint d’Alzheimer, retrouvait toute sa vivacité quand il parlait de son jardin et de ses pierres “romaines”. Aujourd’hui, plus de 60 établissements en France disposent de leur musée, et le projet a été distingué par « le prix Coup de cœur » des Entrepreneuses Helena Rubinstein et Force Femmes 2024. Une innovation qui ne guérit pas la maladie, mais qui soigne l’humain.

    Côté investissement, le sujet est complexe

    Entre 2000 et 2020, plus de 200 essais cliniques de phase III sur Alzheimer ont échoué. Ces résultats ont marqué le secteur et freiné de nombreux engagements financiers, tant le risque paraissait élevé.

    Depuis 2021, la tendance change peu à peu. Plusieurs avancées scientifiques ravivent l’intérêt des investisseurs :

    • Les diagnostics précoces : tests sanguins et biomarqueurs permettent d’identifier la maladie bien plus tôt, ce qui ouvre la voie à des essais cliniques mieux ciblés et potentiellement plus efficaces.
    • L’ampleur du défi : avec près de 50 millions de personnes concernées dans le monde et un coût économique colossal, Alzheimer est un enjeu sanitaire et sociétal de premier plan.
    • Les premiers signaux positifs : quelques résultats encourageants, même partiels, redonnent confiance et attirent de nouveau les fonds spécialisés, souvent en partenariat avec le secteur public.

    À côté de ces dynamiques privées, la philanthropie reste essentielle. En France, plusieurs fondations investissent chaque année entre 1 et 4 millions d’euros dans des projets ciblés. Ces soutiens complètent les financements institutionnels et permettent à de nombreuses initiatives de franchir les premières étapes. Si vous souhaitez contribuer à la recherche, vous pouvez soutenir France Alzheimer https://www.francealzheimer.org/

    Un concours avant de se quitter

    Pour terminer sur une note concrète, je veux signaler qu’il existe en ce moment un appel à projets particulièrement intéressant pour celles et ceux qui travaillent sur Alzheimer.

    👉 L’appel « Vers un hôpital Alzheimer Friendly », porté par la Fondation Médéric Alzheimer aux côtés de partenaires hospitaliers, vise à soutenir des initiatives qui améliorent l’accueil et la prise en soin des personnes atteintes d’Alzheimer dans les établissements de santé. L’enveloppe totale atteint 400 000 €, répartie entre plusieurs projets structurants. En savoir plus

    En guise de conclusion

    Alors, en cette journée mondiale, je garde une conviction : Alzheimer n’est pas seulement une maladie à vaincre, c’est aussi une expérience humaine à transformer. Entre la science dure et l’innovation sociale, il y a un continuum de solutions. Et c’est sans doute en croisant ces chemins que nous avancerons.

  • Retour vers le futur : l’Université d’été de l’économie de demain sous le signe des tensions et de l’espoir

    Retour vers le futur : l’Université d’été de l’économie de demain sous le signe des tensions et de l’espoir

    Ce vendredi 29 août, la pluie s’est invitée à la Cité Internationale de Paris pour l’Université d’été de l’économie de demain, confirmant que le temps maussade fait désormais écho aux incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale. Pourtant, même sous un ciel gris, 3000 dirigeants et décideurs se sont réunis pour imaginer un futur fertile autour du thème “Retour vers le futur”.

    Un contexte de profonds bouleversements

    La référence peut sembler datée, mais le livre de Jean Stone, « Les clés du futur », continue d’influencer ma perception du monde. Les bouleversements actuels n’ont sans doute jamais été aussi vastes, rendant plus urgente encore une réflexion collective. Lors des débats auxquels j’ai assisté, la fondatrice du fonds 2050, Marie Ekeland, a brillamment résumé les tensions qui façonnent l’avenir :

    • Tensions sur les ressources naturelles : Alors que le climat change, l’accès aux matières premières, à l’eau, à l’énergie, et la préservation de la biodiversité deviennent des combats structurants pour toutes les économies.
    • Tensions géopolitiques : Les crises se multiplient et s’entremêlent, de l’instabilité des flux commerciaux, aux risques sociaux ou aux conflits territoriaux, rendant toute planification économique plus complexe.
    • Tensions liées à l’essor de l’intelligence artificielle : L’IA ajoute une couche d’incertitude et de transformation fulgurante qui bouscule les modèles de travail, d’organisation collective et d’innovation.

    Est-ce le signe d’un basculement vers un nouveau paradigme ? Lors des échanges, une participante a partagé le conseil reçu d’une agence de communication : désormais, il faudrait parler de “construction” plutôt que d’“engagement” afin de mieux incarner cette nouvelle dynamique.

    Un message positif malgré la tempête

    Malgré la gravité des sujets abordés, la journée a laissé place à l’optimisme. Le dirigeant de Norsys a présenté un modèle “permaentreprise” où RSE et croissance ne sont plus opposées, mais complémentaires. Chez Norsys, les salariés sont impliqués dans la gouvernance et la démarche sociale : ce fonctionnement se traduit par un taux de turnover de 7% contre 25% dans le secteur, preuve qu’engagement et performance peuvent s’allier. Une démarche qui semble encore embryonnaire dans le monde économique.

    Les recherches et témoignages partagés lors des interventions confirment que les entreprises qui s’engagent sérieusement en RSE enregistrent des rentabilités au moins équivalentes, sinon supérieures, à leurs concurrentes moins vertueuses.

    Une note personnelle, entre inspiration et éclaircie

    Quelques lignes griffonnées dans mon cahier Moleskine, inspiré par le calme et le recul de l’artiste Jon Koko, m’incitent à la même prudence constructive et au dialogue. En terminant ce brouillon dans le RER sur le chemin du retour, un rare rayon de soleil perce les nuages. Le futur semble prometteur, pour peu que l’audace collective l’emporte sur la résignation.

    Le replay

  • Entrepreneurs, qu’allez vous lire cet été ? #2023

    Entrepreneurs, qu’allez vous lire cet été ? #2023

    L’été arrive, il fait beau et on a qu’une envie : flâner sur la plage, à la montage ou dans le jardin. Pour rendre un peu plus studieuse cette pause estivale, je vous ai fait une petite sélection de livres en fonction de votre état d’avancement et de vos envies. Ici, des bouquins et lectures sans prise de tête !

    Je réfléchis à l’entrepreneuriat

    Vous vous posez des questions sur l’entrepreneuriat et vous souhaitez en découvrir plus sans passer par des articles de presse et de longues recherches sur Internet. Pas de problème. Je vous recommande deux ouvrages que j’ai pu lire et vous aideront à mieux connaitre ou redécouvrir l’entrepreneuriat.

    « Start-up arrêtons la mascarade », de Nicolas Mener et Benjamin Zimmer

    Nicolas Menet et Benjamin Zimmer nous livrent un discours vérité que l’on a pas l’habitude d’entendre. On y apprend par exemple que 90% des startup n’ont pas franchi le cap des 5 ans. Ils mettent en avant les externalités négatives que peuvent engendrées certaines startup. A travers l’histoire de Tom startuppeur parisien, on y découvre les facettes d’un monde encore trop méconnu – je ne vous en dis pas plus l’histoire est intéressante. En résumé, ils mettent un peu les idées au clair sur le monde de l’entrepreneuriat. Il se lit facilement et il y a quelques bons conseils à prendre issus d’expériences vécues par des entrepreneurs.

    Karim Duval, humoriste, résume assez bien le livre. La vidéo YouTube est assez explicite.

    « On m’avait dit que c’était impossible », de Jean-Baptiste Rudelle

    Jean-Baptiste nous livre un témoignage de son expérience entrepreneuriale, de la création de sa première startup à l’entrée en bourse de Criteo. Il nous présente les différents obstacles et réussites qu’il a pu avoir. On notera, par exemple, en page 171, son conseil sur l’intégration du Friends&Family. Il présente également un regard critique sur le monde de l’investissement et ses rendez-vous avec des investisseurs.

    Il dépeint aussi les difficultés que peuvent rencontrer les startup françaises à aller sur le marché américain. Bref, un condensé de bons conseils distillés dans un récit aussi riche que passionnant. De plus, il vient de sortir en livre de poche.

    Je lance mon projet

    L’été est une période propice pour construire son projet ou du moins approfondir sa réflexion. Les jours sont plus long et ensoleillés, vous avez donc un moral d’acier, une envie d’en démordre et peut être même de changer de vie.

    Je vous propose, ici, de découvrir deux autres ouvrages.

    « L’art de se lancer 2.0 », de Guy Kawasaki

    Voici une référence depuis plusieurs années en matière d’entrepreneuriat. Guy Kawasaki vous montre le chemin de l’entrepreneuriat étape par étape. C’est un livre simple à lire mais qu’il faut surtout « picorer ». Vous trouvez des conseils – souvent du bon sens – pour démarrer ou vous permettre de prendre un peu de recul. Il y a des exercices pratiques à chaque chapitre, emportez donc un carnet pour prendre des notes.

    « L’art du pitch », de Oren Klaff

    C’est un livre « tutoriel » comme je les aimes. Il y a un plan clair, ponctué d’anecdotes et surtout de références. On se plonge assez facilement dedans et les conseils sont pertinents. Je recommande le plan de présentation des grandes idées (page 125) pour vous aider à formaliser votre « elevator pitch ». Vous pourrez le tester sur la plage 😉

    Je développe ma startup

    Rien ne va plus, les dés sont lancés et vous avez démarré votre startup. Je vous conseille donc de profiter de l’été pour anticiper des sujets futurs ou que l’on a l’habitude de repousser.

    « La 25ème heure », de Guillaume Declair, Bao Dinh, Jérôme Dumont

    Rien de mieux que de se réorganiser à la rentrée et prendre de bonnes habitudes. Les auteurs proposent quelques astuces pour mieux gérer son temps et ses emails, apprendre à dire non aux multiples sollicitations, etc. Ils donnent des outils éprouvés et recommandent des « déconnexions » régulières.

    Assurément, vous rentrerez de vacances dans un nouvel état d’esprit.

    « Maîtriser LinkedIn », de Bruno Fridlansky

    Voici un vrai livre de l’été que j’ai lu sur la plage et que j’ai taché de crème solaire ! L’auteur nous livre son expérience de LinkedIn et apporte des conseils pratiques pour améliorer son profil et développer son réseau.

    Quand vous serez dans une démarche de levée de fonds ou de recherche de financement, il sera important d’avoir un profil LinkedIn nickel. Ce livre vous aidera à atteindre cet objectif.

    Envie de légèreté ?

    Si vous avez envie d’un peu plus de légèreté, je vous conseille ce dernier livre que j’ai beaucoup aimé.

    « Il est grand temps de rallumer les étoiles », de Virginie Grimaldie

    Je reconnais avoir dérobé sur la table de la cuisine l’ouvrage de Virginie Grimaldie sans beaucoup de conviction mais je me suis complètement laissé pris au jeu. C’est très divertissant à lire et le scénario est bien ficelé. J’ai même beaucoup rit ! Sans rien vous trahir, il invite au voyage.

    Le titre est assez évocateur si vous vous lancez dans l’entrepreneuriat, rallumer l’étoile qui est en vous et lancez vous !

    Et les recommandations de Bill Gates ?

    Vous pouvez aussi jeter un coup d’oeil au blog de Bill Gates : Bill Notes. Régulièrement, il fait un point sur des livres inspirants. Vous pouvez regarder sa sélection pour cet été via le lien suivant : https://www.gatesnotes.com/About-Bill-Gates/Summer-Books-2021

    Où acheter vos livres ?

    Vous pouvez opter pour la facilité et aller sur Amazon pour acheter vos livres. Toutefois, je vous propose une alternative ici. Julien et Luc, de la startup Naept ont développé un moteur de recherche gratuit de librairies indépendantes. L’occasion pour vous de soutenir les commerçants locaux et de redécouvrir le contact humain.

    Pour accéder au moteur de recherche cliquer ici : https://bromse.com/

    Si vous êtes à Bordeaux, faites un tour à la librairie Mollat. Elle fait partie intégrante du patrimoine culturelle.

    Vos recommandations ?

    Vous avez sûrement d’autres recommandations. N’hésitez pas à partager en commentaires vos lectures du moment.

    Bonne lecture et bel été

  • Démarrer sa startup sans argent

    Démarrer sa startup sans argent

    Concrétiser son rêve

    La création d’entreprise est souvent perçu comme un rêve. D’ailleurs, 1 français sur 3 envisage de créer une entreprise, selon un sondage mené par OpinionWay pour le Salon des Entrepreneurs en janvier 2020. Comme 15 millions de Français, peut-être que vous aussi vous songez à franchir le pas ? Mais vous ne savez pas par où commercer ?

    Au-delà de bien valider votre marché, définir votre produit et constituer votre équipe, la question du financement se pose.

    Les interrogations sont souvent multiples : dois-je casser mon livret A et mon PEL ? Mais dans ce cas, comme je vais faire face aux imprévus ? Dois-je demander à ma famille, mes amis ? Mais comment être certains que nos relations ne vont pas changer ? Et autant d’autres questions.

    D’autant plus, le sujet du capital de départ est central. Il est un facteur clés de réussite. Les dernières statistiques de l’INSEE le montrent. « Parmi les entreprises qui ont démarré avec moins de 2 000 euros, seulement 65 % sont encore actives trois ans après leur création »2. Si vous vous posez des questions sur le capital de départ nécessaire pour créer votre entreprise, je vous invite à lire l’article « Avec combien de capital démarrer sa startup ? » – il sera publié la semaine prochaine.

    Toutefois, il existe des solutions pratiques pour vous aider à récupérer de l’argent, sans risquer la faillite personnelle, mais en mouillant la chemise. Ainsi, vous pourrez démarrer votre aventure entrepreneuriale et concrétiser votre rêve.

    Comment constituer son capital de départ ?

    Dans la suite de l’article, je vous présente les différentes solutions de financement pour constituer votre capital de départ. A mon sens, ce sont les plus simples à mettre en place et surtout elles vous permettent de limiter votre risque financier personnel.

    Vos économies

    En premier lieu, vos économies constituent la première source de financement de votre startup. C’est le moyen le plus utilisé et le plus simple de financer votre projet. C’est également vu comme une mesure de votre engagement personnel sur votre projet, pour de nombreuses structures d’accompagnement et investisseurs.

    En fait, c’est une solution si vous avez des économies et que vous êtes prêt à investir – c’est-à-dire prendre aussi le risque de tout perdre en cas d’échec. Vous devez donc trouver un juste équilibre entre l’argent que vous investissez dans votre startup et celui que vous gardez en cas de coup dur personnel.

    De plus, c’est une solution idéale si vous êtes salarié. Vous vous laissez un peu de temps et vous constituez des économies. Avoir une création d’entreprise en tête quand on est salarié, c’est un objectif motivant pour épargner. Avant de quitter votre travail, faites bien attention d’avoir suffisamment d’économies de côté pour vous lancer dans de meilleures conditions – quand cela est possible bien évidemment.

    Toutefois, si vous n’en avez pas ou le montant est encore insuffisant, d’autres solutions sont envisageables.

    Votre entourage (famille et amis)

    Souvent appelé sous le terme Friends and Family (famille et amis), faire appel à son entourage est une option souvent prise par les entrepreneurs.

    Plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez avoir recours à la reconnaissance de dettes, opter pour la prise de participation directement au capital par votre entourage ou utiliser une plate-forme de financement participatif pour faire du financement sous forme de royalties.

    Reconnaissance de dette

    La reconnaissance de dette est un document juridique permettant de reconnaitre un prêt entre deux particuliers. Elle a un formalisme bien spécifique.

    Plusieurs difficultés peuvent être relevées dans ce cas de figure : modalités de remboursement, gestion des potentiels conflits, rédaction du contrat, etc. En outre, vous porterez la dette à titre personnelle et en cas d’échec de votre société, vous serez dans l’obligation de rembourser.

    Prise de participation

    La prise de participation consiste, dans le cas présent, à laisser quelqu’un de votre entourage à prendre des parts au capital de votre entreprise. C’est-à-dire à en devenir le copropriétaire. Le ou les associés issus de votre entourage seront, dans bien des cas, « passifs », dans le sens où ils ne participeront pas activement au développement de votre startup.

    Si un jour ils souhaitent récupérer leur capital, vous serez obligé soit de racheter leur part à la valorisation à l’instant t de votre entreprise soit les céder à un autre acquéreur, un investisseur par exemple soit revendre votre société.

    Financement en royalties

    Le financement en royalties ou encore le financement basé sur les revenus est assez récent dans le monde des startups. Je le conseille maintenant depuis environ trois ans pour sa simplicité et sa sécurité. Le principe est assez simple : on vous « prête de l’argent » et vous remboursez un pourcentage de votre chiffre d’affaires. Finalement, c’est un modèle plutôt vertueux, il aligne les intérêts sur le la fonction essentielle de l’entreprise : vendre. Le risque est partagé puisque si vous faites faillite vous n’aurez rien à rembourser.

    Personnellement, je vous encourage à utiliser des plateformes de financement participatif spécialisées telles que WE DO GOOD.

    Passer par ce type de plateforme est mieux qu’une reconnaissance de dette, car le risque est assumé par votre entourage. Et c’est aussi mieux qu’un investissement direct, car votre entourage peut se désengager à moyen terme plus facilement. A plusieurs égards, c’est l’une des solutions les plus sécurisantes pour vous et votre famille.

    Les concours

    Les concours peuvent être une bonne source de financement au démarrage de son entreprise. Ils peuvent vous aider à développer votre produit et dans certains cas, vous apporter un financement. Au début, concentrez-vous sur des concours sans condition de fonds propres. Même si le financement est moins important, ils seront plus accessibles et vous maximiserez à la fois votre temps et vos chances de réussites. N’oubliez pas que la concurrence peut être rude surtout s’il y a de l’argent à la clef.

    Pour ne manquer aucun concours, vous pouvez aussi regarder les concours que j’identifie dans ma veille régulière via la section « plateforme des aides ».

    Vos clients

    Enfin, cela peut être également vos clients qui vous aident à financer votre produit.

    A ce titre, vous pouvez envisager de développer une activité complémentaire, en fonction de vos compétences et de votre savoir faire, en parallèle de votre idée principale. Par exemple, si vous développez un produit connecté pour la santé, vous pouvez faire du développement informatique en seconde activité pour financer votre projet.

    Résumé des solutions en vidéo

    Je vous résume les solutions dans une vidéo tutorielle IncubAlliance.

    Vous pouvez aussi voir d’autres tutoriels sur la chaine YouTube de IncubAlliance via le lien suivant : https://www.youtube.com/channel/UCpIjmyb37Pxi0Lw4Uy0kdpw

    Et vous ?

    Chaque cas est unique. Vous devez trouver le bon mix pour financer le capital de départ nécessaire au lancement de votre affaire. N’hésitez pas à faire un tour sur l’article « Avec combien de capital de départ démarrer ? » pour compléter votre avis sur le sujet. (article disponible la semaine prochaine).

    Si vous avez déjà franchi cette étape

    N’hésitez pas à partager en commentaires votre retour d’expérience sur le sujet. ça sera très utile pour les prochains lecteurs. Merci pour eux.

    Vous pouvez également faire un tour sur l’article « optimiser son capital de départ ». (disponible prochainement).

    1. Vous pouvez retrouver l’étude via le lien suivant : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2846566

  • Pas de levée de fonds réussie sans traction marché préalable

    Pas de levée de fonds réussie sans traction marché préalable

    S’il est une petite musique que l’on connaît bien dans le monde de la start-up, c’est bien celle qui se rapporte à la levée de fonds et qui nous répète, année après année, que les start-up qui lèvent s’en sortent mieux que les autres. Mais le paysage de l’investissement en France a connu d’importantes évolutions, passées sous les radars des structures d’accompagnement. Une nouvelle donne dont il faudrait tenir compte dans toute stratégie de financement, selon Nicolas Reynier, Exécutive Manager Financement, IncubAlliance.

    Alors que le discours ambiant semble unanime en faveur de la levée de fonds, il faut remettre en question l’efficacité de cette approche systématique. Pourquoi ? Parce que je regarde les chiffres en face ! Prenons l’écosystème Paris- Saclay : chaque année, il donne naissance à une centaine de start-up deeptech qui, pour la plupart, seront poussées par les structures qui les accompagnent à lever des fonds, comme on l’a toujours fait.

    Or au cours des dix dernières années, le paysage de l’investissement a très largement évolué… peut-être plus vite que les structures d’accompagnement elles- mêmes d’ailleurs ! Alors que les investisseurs d’hier étaient plutôt positionnés sur des régimes fiscaux et très fortement liés au monde de l’industrie, on a progressivement vu se multiplier dans le monde de l’investissement des acteurs – tels que Marc Simoncini ou Xavier Niel – plus orientés numérique.

    Résultat : là où pendant des années on a pu voir des entrepreneurs lever des fonds sur une idée / un rêve technologique, ce sont davantage aujourd’hui les sociétés capables de générer du chiffre d’affaires qui séduisent les investisseurs. Evidemment de très beaux projets technologiques comme Trust Me par exemple continuent de faire rêver, mais si l’on s’intéresse aux volumes, force est de constater que le gros des levées se fait vers les start-up issues du numérique. C’est à mon sens ce décalage entre discours ambiant et réalité du terrain, d’autant plus paradoxal qu’il n’y a jamais eu autant de conseils et de structures, qui explique les trop nombreuses idées reçues autour de la levée de fonds et aussi un certain nombre d’échecs.

    Trois types de financements

    Derrière l’image idéalisée se cache donc une réalité de la start-up, et par extension de la levée de fonds, beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît… A force d’idéaliser la start-up à coup de success stories, on a tendance à mettre tout le monde dans le même panier et à ne proposer qu’une seule solution là où les situations sont en réalité très différentes.

    En ce qui me concerne, je considère qu’il existe trois grands types d’entrepreneurs : ceux qui, inspirés par le modèle de l’entreprise familiale, ne veulent pas lever de fonds et optent pour l’auto-financement, le prêt bancaire et la génération de chiffre d’affaires pour assurer une croissance dont ils acceptent qu’elle ne sera pas rapide ; ceux qui, compte-tenu de l’intensité capitalistique de leur activité, sont obligés de s’engager dans une course perpétuelle à la levée des fonds et acceptent de devoir compter sur leurs investisseurs pour co-construire leur stratégie ; et ceux qui, après une première traction marché, entrent dans une phase de croissance pouvant nécessiter une levée de fonds pour passer à la vitesse supérieure. C’est dans ce troisième modèle intermédiaire que s’inscrivent la plupart des start-up deeptech que nous accompagnons.

    La question pour elles n’est pas tant de savoir si oui ou non elles doivent faire une levée de fonds, mais pourquoi la faire et surtout quand doit-elle intervenir. Pourquoi la question du moment de la levée est-elle décisive à vos yeux ? Parce que la plupart des start-upper pensent qu’ils peuvent utiliser la levée de fonds pour développer leur premier produit, ce qui est à mon sens un très mauvais calcul. Et pour cause, pour que des investisseurs aient envie de mettre la main à la poche et qu’une levée de fonds soit rapide, il faut en effet que la société ait une valeur. Difficile autrement d’imaginer un retour sur investissement. Or qu’est-ce qui fait la valeur d’une société si ce n’est son potentiel portefeuille client ? Facebook n’a pas la même valeur avec 200 abonnés versus 2 milliards !

    Encourager les entrepreneurs à développer une pré-solution ou un pré-produit

    A mes yeux, la règle d’or est donc simple : pas de levée de fonds réussie sans traction de marché préalable ! Je ne peux donc qu’encourager les entrepreneurs à aller le plus vite possible au contact de leur clientèle, avec une pré-solution ou un pré-produit, pour vérifier et pouvoir montrer aux investisseurs qu’existe bien cette appétence du marché. Mais pour cela il faut de l’argent. Or on sait qu’une start-up, surtout en début de vie, manque cruellement de cash…

    Comment donc sortir de l’impasse ? Outre son apport personnel et le soutien financier qu’il peut recevoir de la part de sa famille ou de ses amis, l’entrepreneur deeptech doit apprendre à tirer profit des nombreux dispositifs de pré-amorçage existant en France pour favoriser les effets de levier, quand bien même les conditions d’obtention de ces financements ne sont pas toujours simples.

    Pour ce faire, plusieurs pistes sont à explorer : la Bourse French Tech de Bpifrance, une aide publique clé pour financer les premières dépenses de son projet ; les prêts d’honneur octroyé sans intérêt ni garantie personnelle (Réseau Entreprendre, Wilco, SQY initiative) pouvant faciliter l’accès aux prêts bancaires ; les dispositifs émergents tels que le Fonds French Tech Seed destiné à accompagner les entreprises innovantes à forte intensité technologique. L’entrepreneur peut également se tourner vers des business angels prêts à investir s et à mettre à disposition leur expertise et leur réseau relationnel.

    Une fois épuisés les dispositifs de pré-amorçage, arrive donc enfin l’heure de la levée de fonds. Quels ultimes conseils ou mises en garde ? Tout d’abord, d’accepter de consacrer le temps nécessaire à cette recherche de fonds qui, à première vue, peut sembler empiéter sur le temps à consacrer au développement de la société. Ensuite, de bien choisir qui l’on décide de faire entrer au capital de sa société, en vérifiant : 1) qu’il pourra suivre sur le 2ème tour de financement, 2) qu’il saura accompagner au mieux la croissance de l’entreprise pour en maximiser la valeur. Enfin, d’accepter d’entrer dans un modèle axé sur “l’hyper croissance” avec toute la pression que cela suppose.

    Nicolas Reynier, Executive Manager Financement, IncubAlliance

  • Startups : à l’heure de la reprise, le bricolage financier ne suffira plus !

    Startups : à l’heure de la reprise, le bricolage financier ne suffira plus !

    Article initialement publié le 3 décembre 2021 sur le site Maddyness https://www.maddyness.com/2022/01/02/startups-finance-bricolage/

    Prêt Garanti par l’État (PGE), prêt Résilience, appel à projets Covid : depuis plus d’un an pour les startups, tous les moyens sont bons pour tenir, coûte que coûte ! Un bricolage financier imposé par l’urgence qui, s’il a eu le mérite de sauver quelques têtes pourrait bien, à terme, condamner certains à y laisser des plumes.

    Alors qu’en pleine crise sanitaire notre économie connaissait un coup d’arrêt brutal, l’État a su prendre ses responsabilités pour tenter de sauver les startups françaises. Un soutien massif et inédit qui s’est traduit dans les faits par le lancement d’un plan d’urgence spécifique aux startups de près de 4 milliards d’euros, l’ouverture d’une enveloppe de 80 millions d’euros octroyée pour les startups en cours de levée de fonds, l’octroi de plus de 135 milliards d’euros de prêts garantis par l’État (PGE) à plus de 700 000 entreprises dont de nombreuses startups ou encore le lancement par la région Ile-de-France du prêt Résilience pour soutenir les entreprises en difficultés.

    Autant de mesures d’aides que les entrepreneurs n’ont pas hésité à cumuler pour maintenir leur société à flot, sans toujours bien en entrevoir les conséquences.

    Quand le soutien se transforme en frein

    Avec le recul, force est en effet de constater que ces dispositifs, s’ils ont permis un temps d’offrir une bouffée d’oxygène aux startups, ont aussi contribué à créer de la confusion. Manque de lisibilité, problème d’accessibilité, inadaptation de certains dispositifs aux spécificités de la startup : toutes les démarches n’ont semble-t-il pas toujours été simples. Autre symptôme de ce malaise naissant : la multiplication par trois en 2020 du recours au médiateur du crédit, le plus souvent pour des questions en lien avec le PGE.

    Et pour cause, s’endetter n’est jamais un acte anodin pour une startup récemment créée. Si donc certains entrepreneurs ont, dans ce contexte, réussi à s’en sortir grâce à une forme de bricolage financier, dans les mois à venir les choses risquent de se compliquer grandement, notamment pour toutes les startups qui ont été contraintes de mobiliser de la dette à court terme. Car, outre le fait que certaines sont contraintes de commencer à rembourser ce qu’elles ont emprunté, ces dernières risquent à l’avenir de se voir sérieusement handicapées, que ce soit pour lever à nouveau de la dette ou pour aller chercher des fonds.

    Un handicap qui pourrait avoir des conséquences majeures pour certaines jeunes pousses au moment de la reprise et envoyer un mauvais signal aux investisseurs appelés dans un futur proche à faire à nouveau la pluie et le beau temps.

    Reprise, compétition et besoin de fonds

    Et pour cause, tous les analystes s’accordent sur le fait que les startups sont sur le point d’entrer dans une période d’hyper compétition à laquelle ne survivront que celles qui sauront au plus vite se mettre en ordre de marche. Comment ? En se démarquant de leurs concurrents, en recrutant les meilleurs profils pour accélérer leur développement, bref en allant chercher la surperformance et les points de croissance qui seront, à n’en pas douter, regardés de près par les fonds d’investissements pour faire le tri entre les bons et les moins bons projets.

    Car si pendant la crise, c’est au soutien de la puissance publique que nombre de startups ont dû leur survie, dans les mois à venir c’est du côté des fonds d’investissement qu’elles vont devoir tourner leur regard pour passer à la vitesse supérieure et faire partie des heureuses élues pouvant prétendre à un avenir. Fini le bricolage donc, il est désormais temps de viser haut et d’agir vite ! Une nouvelle évidemment mauvaise pour les startups que l’endettement place en queue de peloton mais une chance pour celle qui ont su anticiper la sortie de crise !

    Des opportunités à saisir

    En cette fin d’année 2021, l’alignement des planètes semble en effet plutôt bon pour les porteurs de projet prêts à s’orienter vers des levées de fonds. Après une année 2020 marquée par une forme d’attentisme, un recentrage des investisseurs sur leurs propres portefeuilles, des bridges et des investissements focalisés sur des entreprises déjà connues et un net recul des fonds levés pour les pré-seed et les séries A, il semblerait en effet que l’heure du redémarrage de l’investissement soit enfin arrivée compte-tenu du cash disponible côté investisseurs.

    Côté Bpifrance, les indicateurs sont également au vert, notamment du fait du renforcement du Plan Deeptech dont l’objectif initial d’investissement de 1,3 milliards d’euros dans les startups deeptech d’ici 2023 a été réévalué à 2 milliards d’euros. Enfin, autre tendance non négligeable révélée par le dernier baromètre 2020 du crowdfunding édité par Financement Participatif France (FPF) et Mazars : avec 1,02 milliards d’euros collectés en 2020, soit une hausse de 62% par rapport à 2019, les plateformes de financement participatif se portent elles aussi plutôt bien.

    Une vitalité du crowdfunding portée, côté investisseurs, par de nouveaux entrants aux profils variés. Après une année 2021 exceptionnelle au niveau du financement, 2022 s’annonce donc sous de très bons auspices. Avis aux entrepreneurs : plus que jamais les opportunités sont là, il est donc temps de rassembler les troupes et de partir au front.

    Nicolas Reynier, Executive manager financement d’IncubAlliance