Author: Nicolas

  • Une semaine au cœur de l’innovation à Paris-Saclay (presque 100% PUI)

    Une semaine au cœur de l’innovation à Paris-Saclay (presque 100% PUI)

    4–6 minutes

    Retour sur une semaine du 16 novembre particulièrement intense au cœur de l’innovation Paris-Saclay

    Voilà un peu plus d’un mois que je n’ai rien publié sur mon blog.
    La raison ? Le temps. Ou plutôt, le manque de temps. Entre mes cours, la correction des copies de Master 1, la préparation du concours i-Lab 2026, les projets en cours, et les nombreux événements de l’écosystème – notamment autour de la santé – les journées ont filé à une vitesse folle.
    Et cette semaine du 16 novembre en a été une parfaite illustration.

    Une semaine au cœur du Pôle Universitaire d’Innovation (PUI) de Paris-Saclay

    En collaboration avec EBN – European Business and Innovation Centre Network, qui réunit les principaux incubateurs et centres d’innovation européens, et surtout Johanna qui a eu l’initiative de cette visite, nous avons eu le plaisir d’accueillir une délégation libanaise sur le Playground Paris-Saclay.

    Même si j’ai déjà eu l’occasion d’échanger avec plusieurs délégations internationales, c’était pour moi la première fois que je rencontrais une délégation libanaise — un moment à la fois nouveau et très enrichissant.

    J’ai été ravi d’y associer — et je les remercie pour leur soutien — mes camarades du PUI, Roberta et Rita, ainsi que Simon Morin, lauréat Starthèse 2024. Simon a lancé D.Terre Biotechnology, avec Aïda et Nadia, une jeune startup accompagnée par IncubAlliance, qui développe des solutions de dépollution des sols par enzymes. Leur ambition ? Mettre à profit des enzymes naturelles, stables et biodégradables, pour traiter les polluants organiques des sols — hydrocarbures, résidus industriels, etc. — et offrir une alternative écologique, moins coûteuse et plus respectueuse de l’environnement que les méthodes classiques. Vous pouvez lire un article complet sur leur startup sur le site de l’université Paris-Saclay : https://www.universite-paris-saclay.fr/en/news/dterre-plate-soil-decontamination-thanks-enzymes

    Il a présenté un pitch sans slide (ma faute), exposant avec simplicité et précision les fondements de leur démarche.
    D.Terre illustre bien cette nouvelle génération d’entrepreneurs scientifiques engagés dans des solutions biotechnologiques utiles et responsables.

    Le premier Lab Tour de l’Université d’Évry a également rassemblé plus de 60 participants.

    Aux côtés de ma camarade de PUI Action 1, Sinaï, j’ai participé au premier Lab Tour organisé à l’Université d’Évry. À cette occasion, nous sommes intervenus lors d’une table ronde dédiée au rôle du PUI et à notre contribution au développement de l’entrepreneuriat académique, devant un public composé de chercheurs, doctorants et d’étudiants.

    Ces échanges ont permis de revenir très concrètement sur notre mission : faire le lien entre les laboratoires, les dispositifs d’accompagnement et l’écosystème de valorisation, tout en tenant compte des contraintes spécifiques de la recherche publique.

    L’après-midi s’est poursuivie par des discussions plus informelles avec plusieurs chercheurs. Deux sujets sont revenus de manière récurrente : les enjeux de propriété intellectuelle — souvent perçus comme complexes, voire dissuasifs — et les difficultés rencontrées par certains étudiants et doctorants internationaux, notamment dans leur compréhension des dispositifs français et de leurs marges de manœuvre entrepreneuriales.

    Des échanges précieux, qui rappellent à quel point l’accompagnement ne se limite pas aux outils ou aux financements, mais repose aussi sur la pédagogie, la clarification des règles du jeu et l’écoute des réalités de terrain.

    Au-delà de ces échanges terrain, la semaine a également été marquée par un temps fort autour de l’innovation en santé, qui illustre parfaitement la structuration progressive de l’écosystème.

    Focus santé en milieu de semaine avec le Rendez-vous de l’innovation en santé

    Le mercredi a été marqué par un temps fort : la présentation du panorama de l’innovation en santé au sein de l’Université Paris-Saclay, lors des Rendez-vous de l’innovation en santé.
    Les chiffres présentés traduisent l’importance de l’écosystème santé sur Paris-Saclay avec :

    • Plus de 74 start-up créées en 10 ans dans la santé, près de 482 millions d’euros levés, et plus de 80 % de ces jeunes pousses encore en activité.
    • Un socle de 480 familles de brevets, 80 dépôts industriels, ainsi que 64 thèses CIFRE, éléments déterminants pour l’ancrage territorial et la valorisation de la recherche en innovation santé.
    • Cinq laboratoires communs LabCom créés ces cinq dernières années, preuve de la dynamique partenariale public-privé, et une implication de plus de 120 laboratoires et 450 entreprises partenaires.

    Parmi les projets présents figuraient notamment Willis (rencontré la veille) et Diav+, tous deux accompagnés par IncubAlliance.

    Ce rendez-vous a également été l’occasion d’annoncer et de signer un partenariat entre l’Université Paris-Saclay et la startup Owkin, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la biologie. Dans ce cadre, un protocole d’accord a été signé pour déployer au sein de l’université la plateforme K Pro Free, un outil d’IA conçu pour faciliter l’accès et l’analyse des données biomédicales par la communauté scientifique. Ce partenariat vise à rendre cet outil accessible à l’ensemble des enseignants-chercheurs, chercheurs et doctorants en sciences biomédicales de Paris-Saclay, ainsi qu’à organiser des ateliers, des formations et des événements pour favoriser son adoption et son intégration dans les pratiques de recherche et d’innovation. 

    Pour en savoir plus sur l’accord signé :
    Université Paris‑Saclay et Owkin annoncent leur partenariat autour de l’IA en santé

    Ce que j’ai observé

    Au-delà des événements eux-mêmes, cette semaine a surtout été riche d’enseignements.
    Trois éléments m’ont particulièrement marqué cette semaine :

    • Le rôle central de la pédagogie, auprès de l’ensemble des interlocuteurs — chercheurs, entrepreneurs ou délégations internationales — notamment sur des sujets complexes comme la propriété intellectuelle
    • L’importance des échanges internationaux, qui permettent de challenger nos pratiques et d’enrichir nos approches
    • Le lien essentiel entre recherche et marché, au cœur des dispositifs comme le PUI, qui structurent la transformation des projets scientifiques en initiatives entrepreneuriales concrètes

    Je retiens en particulier la qualité des échanges avec nos interlocuteurs libanais. Leurs questions, précises et parfois exigeantes, obligent à clarifier nos pratiques, à expliciter nos choix et à aller au fond des sujets. C’est exactement ce type de dialogue qui permet de faire progresser collectivement les écosystèmes d’innovation.

    Conclusion

    Cette semaine intense rappelle une chose essentielle : l’innovation ne se décrète pas. Elle se construit, patiemment, au croisement des acteurs, des idées et des réalités de terrain.

    C’est cette dynamique collective, parfois complexe, souvent exigeante, qui permet de transformer la recherche en projets concrets.

    Et c’est précisément ce qui rend cet écosystème si passionnant.

  • Voyage au cœur de la journée i-Lab 2025

    Voyage au cœur de la journée i-Lab 2025

    Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’assister à la cérémonie de remise des prix des lauréats du concours i-Lab 2025, un rendez-vous incontournable qui marque pour eux le début d’une nouvelle étape de leur aventure entrepreneuriale. C’est un moment attendu qui leur permet de se retrouver, d’échanger et de célébrer le début d’un nouveau chapitre dans leur développement.

    Sur le chemin, une étape

    Au rythme des embouteillages en direction de Boulogne-Billancourt, je me dirige vers la Seine Musicale, lieu emblématique où se déroule l’événement i-Lab. Ces moments de transition sont toujours propices à la réflexion — d’autant plus ici, dans un lieu à la croisée de la création artistique, de l’architecture futuriste et du monde des startups deeptech. Que de chemin parcouru pour ces jeunes pousses, souvent issues des laboratoires publics, qui franchissent aujourd’hui une étape symbolique… et décrochent un véritable label d’excellence. Un décor qui incarne à lui seul la rencontre entre imagination et innovation.

    Sur les derniers mètres, j’ai même expérimenté une nouvelle forme de mobilité douce avec OuiCycle, un véhicule intermédiaire entre énergie musculaire et solaire, à la fois respectueux de l’environnement et étonnamment fluide (ouicycle.fr). Une belle mise en jambe avant d’entrer dans le marathon i-Lab.

    L’ouverture du forum

    La matinée s’est ouverte en musique avec l’énergie communicative de Cécile Djunga, avant une série de présentations éclair d’entrepreneurs venus partager leur aventure et leurs ambitions.

    Parmi eux, KeplerTech, une startup que j’accompagne en tant que référent à IncubAlliance, a particulièrement retenu mon attention. Que de chemin parcouru depuis la relecture des premières lignes de leur dossier i-Lab, les réflexions stratégiques sur la trajectoire à adopter, les répétitions de pitch et la préparation de la vidéo de candidature… jusqu’à cette matinée où Christophe reçoit le cube magique tendu par la présentatrice pour se présenter devant les autres lauréats i-PhD, i-Lab et i-Nov.

    KeplerTech bouscule les codes de la microélectronique en développant NajaEDA, une plateforme open-source pour la conception de circuits intégrés.
    Dans un secteur verrouillé par quelques grands acteurs, leur approche ouverte et souveraine entend redonner la main aux entreprises, laboratoires et start-ups pour concevoir leurs propres puces, en toute autonomie. Lauréate du concours i-Lab 2025, la jeune pousse doit maintenant franchir plusieurs étapes clés : sécuriser sa R&D, renforcer la robustesse de sa plateforme et accélérer le déploiement commercial de sa solution de sa technologie, en Europe, en Inde, au Brésil et aux États-Unis.


    « Nous voulons donner aux entreprises la maîtrise de leurs outils de conception et la possibilité d’innover à leur rythme. » — Christophe Alexandre, CEO de KeplerTech

    Une belle illustration de la souveraineté technologique européenne et du potentiel de l’open-source.

    Pause déjeuner avec Unveil

    Le déjeuner fut l’occasion d’échanger avec Unveil, autre startup issue de Paris-Saclay et accompagnée par IncubAlliance. Née dans les laboratoires de l’Institut d’Optique Graduate School, Unveil révolutionne la caractérisation des nanoparticules grâce à une technologie optique directe, simple et rapide.

    Une innovation clé pour le développement de bio-médicaments plus sûrs et plus accessibles, qu’il s’agisse de virus pour la thérapie génique ou de nanoparticules lipidiques pour les vaccins à ARN messager.

    « Notre ambition est de rendre la caractérisation des nanoparticules aussi simple et rapide que possible, pour aider les acteurs du biomédical à développer plus efficacement les traitements de demain. » — Alexis Auchère, cofondateur d’Unveil

    Le label i-Lab 2025 leur permettra d’accélérer leur phase d’industrialisation et de renforcer leur R&D .

    Après-midi orientée action

    L’après-midi s’est ouverte avec Marie Dollé, brillante intervenante à la tête de la plateforme EuroQuity, et également autrice de “In Bed With Social”.

    Avec simplicité et justesse, elle a rappelé une vérité utile à tous ceux qui reçoivent — ou donnent — des conseils :

    « Il faut écouter ce qui résonne avec vous. » — Marie Dollé

    Au-delà de cette citation, elle a partagé des conseils concrets tirés de son expérience chez EuroQuity, notamment sur la façon d’aborder une levée de fonds — une étape souvent nécessaire pour cofinancer leur programme d’innovation i-Lab.

    Et le prochain voyage ?

    Pour les lauréats, il s’agit désormais de prolonger l’aventure : concrétiser leur projet, renforcer leurs équipes et trouver les compléments de financement nécessaires à leur développement.

    Pour celles et ceux qui n’ont pas été retenus cette fois, le voyage continue aussi : l’heure est déjà à la préparation des prochains appels à projets du concours i-Lab. Et, comme toujours, cela commence dès maintenant.

    Pour aller plus loin, lien du dossier de presse des lauréats : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2025-10/dossier-de-presse-france-2030—laur-ats-concours-d-innovation-2025-38064.pdf

  • Carnet de route – BIG 2025

    Carnet de route – BIG 2025

    Dès les premières heures du matin, l’air vibrait déjà d’une énergie particulière. Les allées menant à l’Accor Arena se remplissaient de silhouettes pressées, badges en main, regards curieux et impatients. On sentait dans l’air cette promesse d’un rendez-vous pas comme les autres. BIG 2025, c’était aujourd’hui, et tout indiquait que la journée allait être grandiose.

    Les portes s’ouvrent, et l’on est aussitôt happé par une vague sonore. La salle, baignée de lumières vives, se transforme en une véritable scène de festival. Un DJ prend possession des platines et, en quelques minutes, le tempo galvanise la foule. Les basses résonnent jusque dans la poitrine, les écrans géants s’illuminent, et le public s’anime : entrepreneurs, investisseurs, étudiants, chercheurs… tous se laissent emporter par cette mise en scène triomphale.

    Le ton est donné : BIG 2025 ne sera pas seulement un événement professionnel, mais une expérience collective, à la croisée de l’inspiration, de l’innovation et de l’émotion.

    BIG 2025 : une journée centrée sur la vérité

    La première chose qui me frappe, c’est l’affluence exceptionnelle de cette édition. BIG 2025 attire bien au-delà du seul cercle des entrepreneurs. Dans les allées, je croise aussi bien des lycéens curieux que des étudiants de master, aux côtés de chercheurs et d’un public plus large. L’événement s’ouvre ainsi à des profils variés, preuve que l’innovation et l’entrepreneuriat suscitent aujourd’hui un intérêt qui dépasse largement le monde des startups.

    Le thème de la « vérité » a pu en surprendre plus d’un, et je l’ai d’ailleurs entendu revenir plusieurs fois dans mes échanges avec d’autres participants. Aborder ce sujet dans le monde des startups peut sembler inattendu, mais il résonne fortement à l’heure des fake news et des informations brouillées. BIG 2025 rappelle ainsi que l’innovation ne peut se construire sans confiance ni transparence.

    S’adapter pour mieux affronter les défis avenirs

    On retient aussi qu’il faudra s’adapter à de nouveaux défis : l’intégration de l’IA dans la vie quotidienne, ou encore la transition écologique qui, même si elle n’est pas un sujet nouveau, demande encore énormément d’attention. Ce constat fait écho à mon dernier article sur l’Université d’été de l’économie de demain, que vous pouvez lire ou relire ici.

    BIG 2025 : pitch des doctorants de Paris Saclay

    Si vous étiez de passage vers 13h15 du côté de la porte N, vous n’avez pas pu manquer les doctorants de Startèse 2025. L’affluence parlait d’elle-même : difficile de se frayer un chemin tant il y avait de monde pour les écouter et les soutenir. On retrouvait là tout l’écosystème Paris-Saclay, et en particulier les acteurs de l’Action 1 du PUI, venus encourager cette nouvelle génération de chercheurs-entrepreneurs.

    Vous auriez pu croiser :

    • Ervan Achirou du projet Neural Quest : Rendre accessible et inclusif les jeux vidéos aux personnes en situation de handicap moteur,
    • Inès Doublier du projet Phlo : Technologie de couplage phage-bactérie pour la bioproduction,
    • Gaia Gentille du projet T-Rise : Thérapie cellulaire pour le traitement des rejets de greffes,
    • Raphael Honigsberg du projet Honigs : Système microfluidique innovant pour la culture cellulaire
    • Yan Monier du projet Adam : Technologie de jumeaux numériques appliqués à la surveillance des chaînes de production industrielles,
    • Vanille Sorret du projet Mauri x métrie : Technique de qualification des anticorps thérapeutiques, et enfin
    • Haoyang Zheng du projet Disothera : Plateforme end-to-end pour le criblage des candiats médicaments

    La suite ?

    La suite est simple : il suffit de prolonger l’expérience en regardant les nombreux replays. Comme ceux de 2024 (toujours disponibles en ligne), ils permettront de s’inspirer toute l’année et, surtout, de prendre le temps d’écouter dans de bonnes conditions les différentes interventions et prestations.

    Ce que je retiens de cette édition, c’est l’énergie collective et la diversité des publics présents. BIG 2025 n’a pas seulement mis en lumière l’innovation : il a montré qu’elle parle à tous.