Catégorie : Field Notes

Observations, lessons and reflections from the field.
Short notes on startups, founders and the realities of building DeepTech ventures.

  • Carnet de route – BIG 2025

    Carnet de route – BIG 2025

    Dès les premières heures du matin, l’air vibrait déjà d’une énergie particulière. Les allées menant à l’Accor Arena se remplissaient de silhouettes pressées, badges en main, regards curieux et impatients. On sentait dans l’air cette promesse d’un rendez-vous pas comme les autres. BIG 2025, c’était aujourd’hui, et tout indiquait que la journée allait être grandiose.

    Les portes s’ouvrent, et l’on est aussitôt happé par une vague sonore. La salle, baignée de lumières vives, se transforme en une véritable scène de festival. Un DJ prend possession des platines et, en quelques minutes, le tempo galvanise la foule. Les basses résonnent jusque dans la poitrine, les écrans géants s’illuminent, et le public s’anime : entrepreneurs, investisseurs, étudiants, chercheurs… tous se laissent emporter par cette mise en scène triomphale.

    Le ton est donné : BIG 2025 ne sera pas seulement un événement professionnel, mais une expérience collective, à la croisée de l’inspiration, de l’innovation et de l’émotion.

    BIG 2025 : une journée centrée sur la vérité

    La première chose qui me frappe, c’est l’affluence exceptionnelle de cette édition. BIG 2025 attire bien au-delà du seul cercle des entrepreneurs. Dans les allées, je croise aussi bien des lycéens curieux que des étudiants de master, aux côtés de chercheurs et d’un public plus large. L’événement s’ouvre ainsi à des profils variés, preuve que l’innovation et l’entrepreneuriat suscitent aujourd’hui un intérêt qui dépasse largement le monde des startups.

    Le thème de la « vérité » a pu en surprendre plus d’un, et je l’ai d’ailleurs entendu revenir plusieurs fois dans mes échanges avec d’autres participants. Aborder ce sujet dans le monde des startups peut sembler inattendu, mais il résonne fortement à l’heure des fake news et des informations brouillées. BIG 2025 rappelle ainsi que l’innovation ne peut se construire sans confiance ni transparence.

    S’adapter pour mieux affronter les défis avenirs

    On retient aussi qu’il faudra s’adapter à de nouveaux défis : l’intégration de l’IA dans la vie quotidienne, ou encore la transition écologique qui, même si elle n’est pas un sujet nouveau, demande encore énormément d’attention. Ce constat fait écho à mon dernier article sur l’Université d’été de l’économie de demain, que vous pouvez lire ou relire ici.

    BIG 2025 : pitch des doctorants de Paris Saclay

    Si vous étiez de passage vers 13h15 du côté de la porte N, vous n’avez pas pu manquer les doctorants de Startèse 2025. L’affluence parlait d’elle-même : difficile de se frayer un chemin tant il y avait de monde pour les écouter et les soutenir. On retrouvait là tout l’écosystème Paris-Saclay, et en particulier les acteurs de l’Action 1 du PUI, venus encourager cette nouvelle génération de chercheurs-entrepreneurs.

    Vous auriez pu croiser :

    • Ervan Achirou du projet Neural Quest : Rendre accessible et inclusif les jeux vidéos aux personnes en situation de handicap moteur,
    • Inès Doublier du projet Phlo : Technologie de couplage phage-bactérie pour la bioproduction,
    • Gaia Gentille du projet T-Rise : Thérapie cellulaire pour le traitement des rejets de greffes,
    • Raphael Honigsberg du projet Honigs : Système microfluidique innovant pour la culture cellulaire
    • Yan Monier du projet Adam : Technologie de jumeaux numériques appliqués à la surveillance des chaînes de production industrielles,
    • Vanille Sorret du projet Mauri x métrie : Technique de qualification des anticorps thérapeutiques, et enfin
    • Haoyang Zheng du projet Disothera : Plateforme end-to-end pour le criblage des candiats médicaments

    La suite ?

    La suite est simple : il suffit de prolonger l’expérience en regardant les nombreux replays. Comme ceux de 2024 (toujours disponibles en ligne), ils permettront de s’inspirer toute l’année et, surtout, de prendre le temps d’écouter dans de bonnes conditions les différentes interventions et prestations.

    Ce que je retiens de cette édition, c’est l’énergie collective et la diversité des publics présents. BIG 2025 n’a pas seulement mis en lumière l’innovation : il a montré qu’elle parle à tous.

  • Retour vers le futur : l’Université d’été de l’économie de demain sous le signe des tensions et de l’espoir

    Retour vers le futur : l’Université d’été de l’économie de demain sous le signe des tensions et de l’espoir

    Ce vendredi 29 août, la pluie s’est invitée à la Cité Internationale de Paris pour l’Université d’été de l’économie de demain, confirmant que le temps maussade fait désormais écho aux incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale. Pourtant, même sous un ciel gris, 3000 dirigeants et décideurs se sont réunis pour imaginer un futur fertile autour du thème “Retour vers le futur”.

    Un contexte de profonds bouleversements

    La référence peut sembler datée, mais le livre de Jean Stone, « Les clés du futur », continue d’influencer ma perception du monde. Les bouleversements actuels n’ont sans doute jamais été aussi vastes, rendant plus urgente encore une réflexion collective. Lors des débats auxquels j’ai assisté, la fondatrice du fonds 2050, Marie Ekeland, a brillamment résumé les tensions qui façonnent l’avenir :

    • Tensions sur les ressources naturelles : Alors que le climat change, l’accès aux matières premières, à l’eau, à l’énergie, et la préservation de la biodiversité deviennent des combats structurants pour toutes les économies.
    • Tensions géopolitiques : Les crises se multiplient et s’entremêlent, de l’instabilité des flux commerciaux, aux risques sociaux ou aux conflits territoriaux, rendant toute planification économique plus complexe.
    • Tensions liées à l’essor de l’intelligence artificielle : L’IA ajoute une couche d’incertitude et de transformation fulgurante qui bouscule les modèles de travail, d’organisation collective et d’innovation.

    Est-ce le signe d’un basculement vers un nouveau paradigme ? Lors des échanges, une participante a partagé le conseil reçu d’une agence de communication : désormais, il faudrait parler de “construction” plutôt que d’“engagement” afin de mieux incarner cette nouvelle dynamique.

    Un message positif malgré la tempête

    Malgré la gravité des sujets abordés, la journée a laissé place à l’optimisme. Le dirigeant de Norsys a présenté un modèle “permaentreprise” où RSE et croissance ne sont plus opposées, mais complémentaires. Chez Norsys, les salariés sont impliqués dans la gouvernance et la démarche sociale : ce fonctionnement se traduit par un taux de turnover de 7% contre 25% dans le secteur, preuve qu’engagement et performance peuvent s’allier. Une démarche qui semble encore embryonnaire dans le monde économique.

    Les recherches et témoignages partagés lors des interventions confirment que les entreprises qui s’engagent sérieusement en RSE enregistrent des rentabilités au moins équivalentes, sinon supérieures, à leurs concurrentes moins vertueuses.

    Une note personnelle, entre inspiration et éclaircie

    Quelques lignes griffonnées dans mon cahier Moleskine, inspiré par le calme et le recul de l’artiste Jon Koko, m’incitent à la même prudence constructive et au dialogue. En terminant ce brouillon dans le RER sur le chemin du retour, un rare rayon de soleil perce les nuages. Le futur semble prometteur, pour peu que l’audace collective l’emporte sur la résignation.

    Le replay